Diane Fonsegrives habite Avignon. Elle écrit pour le Tadorne. Des « Rencontres photographiques d’Arles » l’été dernier à l’exposition de Douglas Gordon actuellement à l’affiche en Avignon, je prends toujours beaucoup de plaisir à lire ses chroniques. Respirez, là voilà qui nous guide…
Pascal Bély – Le Tadorne.

Et si la gloire de se croire visionnaire n’était pas ? Et si la photographie était « Nous », aveugle et déconcentrée, née d’une angoisse de ne pas avoir vu l’instant, de l’avoir vécue sans en laisser de trace dans nos souvenirs ? Une mort stupide, car nous ne sommes pas, puisque non conscient de l’acte. Et pourtant nous sommes, car nous nous voyons tels que nous ne sommes pas, même si notre réalité physique nous rappelle cela à chaque jour. « Those I have forgotten but will never remember » est écrit sur le mur.
C’est à travers des supports photographiques et vidéo que Douglas Gordon nous impose notre vraie dimension, non celle qui nous sert de repère parce que l’on se l’est simplement imaginée. Il décompose le mouvement des corps à l’infini, trace dans le geste la violence de nos êtres, l’amour, la haine, la mort qui nous dessinent. Sommes- nous être ou pulsion ? Regard ou Regardé ? Et si le mouvement composait uniquement la symphonie de nos existences sans consistance sur terre, sans vie, sans que nous en soyons totalement maître parce que l’on n’en a pas conscience. C’est ce que Maître Gordon semble vouloir nous chuchoter à l’oreille en nous demandant de nous voir simplement dans le miroir de la vérité et de regarder notre beauté (Si Dieu l’estime), celle de la vie. 

Diane Fonsegrives – www.festivalier.net

« Douglas Gordon » à la Collection Lambert en Avignon, jusqu’au 2 novembre 2008.

Ps : et aussi, j’ai fait la nouvelle collection du petit palais en Avignon. Une nouvelle collection de la peinture religieuse au XVème. Nous changeons de registre, mais je suis toujours autant fascinée par ce travail d’orfèvre. D’abord, on constate le travail de préparation technique des couleurs sur le support surface bois. Puis on y compte les formes rondes, les auréoles, les visages, les anges, les douleurs. Tout est très essentiellement rond. Pas parfait mais rond. Arrivent alors les couleurs qui vous obligent le regard au coeur même de leur âme. Vous êtes stupéfaits. Saisis. Le détail arrive. L’oeil le capte. Les costumes, les arches, les cieux, les dorures de la luxure de la contemplation. L’orfèvrerie de la peinture oblige votre respect. Ensuite l’histoire. Car chacune des oeuvres conte la culture chrétienne à qui veut bien lui créditer un peu de morale. Pour les passions de notre passé de civilisation, pour nos pêchés actuels, pour le plus grand des ravissements A vivre et à revivre inlassablement pour n’admettre enfin que l’art aujourd’hui trouve racine en leur pair.

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