« Le Vieux Juif », « Les Marchands Ambulants » et « 74, Georgia Avenue » de Murray Schisgal, dramaturge américain, rassemblés pour l’occasion par Stéphane Valensi, me plonge, français, dans l’esprit de la communauté juive des États-Unis.
Les trois pièces évoquent l’exil, pose la question de l’identité et de la culture, vu par un réfugié juif qui a fuit le vieux continent, pour vivre son « eldorado » aux États-Unis.
Avec « Le Vieux Juif », Stéphane Valensi incarne ce vieil homme. Dès son apparition sur scène, je ressens de la sympathie. Il nous parle de son envie d’oublier, convie ses voisins imaginaires pour mieux faire éclater sa solitude de réfugié et partager son regard tendre sur son passé si loin et si proche.
La question de la perte de l’identité est approchée avec « Les Marchands Ambulants« . Tout fraîchement débarqué aux Etats-Unis, notre arrivant juif rencontre un de ses compatriotes. Pour mieux s’intégrer dans ce pays, ce dernier lui vend un nom bien américain, qui fait couleur locale. Avec son nouveau patronyme, il devient autre.
La notion de communautarisme est illustrée avec « 74, Georgia Avenue. » Le duo, composé de Marc Berman et Paulin F. Fodouop, incarne les communautés juives et noires qui font l’Amérique. Lui a vécu dans cet appartement près de la synagogue, lorsqu’il était enfant. L’autre est venu vivre ici lorsque la communauté juive est partie. Communauté noire et communauté juive au coeur du propos, comme une envie de vivre ensemble. L’échange se termine avec le Kaddish dit pour le père juif mort, par l’autre, l’étranger. Une leçon d’humanité.
L’articulation réussie de ce triptyque passe par la scénographie mouvante de Jean Haas, créant à chaque échange un nouveau lieu, un nouveau repère dans l’espace-temps à se créer.
Cependant, même si tout est parfaitement articulé, et les comédiens tous parfaits sans exception, je reste distant du propos tenu. Problème de culture ? Je ne suis ni juif, ni américain, juste un français loin de leur histoire. Je pense à mon cadre identitaire, aux leurs, à l’interculturalité. Ne serait-ce pas seulement une utopie ?

Laurent Bourbousson. www.festivalier.net
« Le vieux juif« , « 74, Georgia Avenue», « Les marchands ambulants« ,  » mis en scène par Stéphane Valensi au Théâtre  des Halles d’Avignon jusqu’au 1er août 2008.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *