C’est une « bataille intime » entre le sage et le fou, la pulsion de vie et de mort, le chorégraphe (Sylvian Groud) et le comédien (Brunon Bayeux), avec pour seules armes, le corps du danseur et les mots de l’écrivain Roland Topor. On pourrait y retrouver tous les éléments de la guerre de tranchées qui a occupé les partisans du théâtre avec ou sans texte lors du Festival d’Avignon en 2005 !

 

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Trente-cinq minutes d’un combat plaisant à regarder, d’autant plus si l’on est intérieurement apaisé. C’est par la petite porte que l’on entre dans l’intimité de cet homme « dédoublé »: à le voir sentir ses vêtements au réveil, on ressent d’emblée une affinité avec cet « autre » si près du « je » ! S’ensuit une bataille joliment rangée, à l’image d’un « je » d’enfant, entre l’ordre et le désordre, l’audace et la peur, l’amour et la haine de soi. Il faut du temps à Sylvain Groud pour introduire la souffrance dans ce duo gentiment orchestré. J’attends Roland Topor pour être traversé.

C’est alors que la tension dramatique augmente, où les corps et les mots forment la sculpture étonnante d’une souffrance  sans fard et pourtant pudique. C’est peut-être cela, l’empathie dans l’art. En changeant d’échelle, la danse se fait englobante et donne aux mots de Topor un espace résonant. Et l’on se surprend à aimer cet homme qui nous promet de « faire attention » la prochaine fois, à affectionner cette danse humaniste parce qu’elle relie là où il y a clivage.

L’écrivain, le danseur et le comédien forment alors ce trio courageux dont on attendrait l’impossible, celui de mettre fin à la folie réductrice des hommes.

Pascal Bély

www.festivalier.net

 

  ?????? « Bataille intime» de Sylvain Groud a été joué le 5 mai 2008 au Pavillon Noir d’Aix en Provence.


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Sylvain Groud sur le Tadorne par Elsa Gomis au Festival Men’s alors!

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