Les rencontres du Tadorne.


Eric Boudet, photographe de danse.
« Le chemin se fait en marchant » de Claire Heggen. Festival Les Hivernales. Avignon.
« Soli » par La Compagnie de Susan Buirge. Festival Les Hivernales. Avignon.
« Eventail Onze » par
Wilfride Piollet et Jean Guizerix. Festival Les Hivernales. Avignon.
« Jeux d’intention » par Raphaëlle Delaunay. Théâtre des Salins. Martigues.
« Mi non sabir » par Karine Ponties . Festival Les Hivernales. Avignon
« Wasla » d’Héla Fattoumi et Eric Lamoureux . Théâtre d’Arles.
« Tourlourou » par Carlotta Sagna. Théâtre d’Arles.
« ¾ face », Geneviève Sorin. Marseille Objectif Danse.
 « K 626 » par Emanuel Gat. Festival de Marseille.
« Erection » de Pierre Rigal. Théâtre d’Arles / Festival de Marseille.

Au commencement, il y a le chapitre 1 , le chapitre 2, puis le chapitre 3!

Tout au long de ce blog, mes écrits sont parsemés de ressentis et de résonances liées à des chorégraphes rencontrés pour la première fois.  Ces spectacles furent marquants, sidérants et enrichissants. À l’issue des représentations, je me sentais prêt à renouveler la rencontre comme un rendez-vous intemporel mémorisé.

Les transmetteurs du mouvement.

C’était en mars dernier. À la recherche d’un cliché de danse, je tombais sur le site d’Éric Boudet. Je visionnais ses photos, ébloui par leur justesse et sa façon de les mettre en mouvement. Deux articles lui seront consacrés avec une volonté farouche de faire connaître son travail et de m’engager auprès de lui pour articuler la photo et le texte par le blog. Cette rencontre est le signe qu’internet est un média de relliance capable de tracer de nouveaux chemins.
La conteuse, chorégraphe et mime Claire Heggen avec « Le chemin se fait en marchant » fut une autre rencontre très émouvante. Une heure trente d’une autobiographie surprenante sur l’univers du mime. J’aurais aimé qu’Eric Boudet la photographie avec Susan Buirge, autre artiste invitée du Festival « Les Hivernales » d’Avignon, qui avec « Soli » m’a appris à regarder une danse minimaliste et généreuse, métaphore d’un lien constructiviste.
Comment pourrais-je oublier la rencontre avec Wilfride Piollet et Jean Guizerix, deux chorégraphes qui marquèrent de leurs empreintes la danse française, loin de la branchitude parfois de mise dans ce milieu ? Avec « Éventail Onze, je fus touché par l’énergie de leur transmission à d’autres danseurs et heureux d’avoir été leurs invités, le temps d’une soirée inoubliable des« Hivernales » !

Des femmes qui dansent (pour) les hommes

C’était en avril dernier. Je me souviens encore de sa robe blanche. Raphaëlle Delaunay, danseuse et chorégraphe, m’avait invité pour ses « Jeux d’intention » au Théâtre des Salins de Martigues. Son spectacle réparait les fragmentations provoquées par la vision masculine du pouvoir. Éblouissant.
La BelgeKarine Ponties avec « Mi non sabir » (notre photo) s’attaqua avec humour aux petits jeux des hommes. À dénoncer leurs faiblesses, elle leur donna une nouvelle force. Sur un autre registre, Héla Fattoumi avec « Wasla » dansa le courage féminin face à l’intégrisme religieux, dicté par le pouvoir masculin. Carlotta Sagna avec« Tourlourou » nous donna  les clefs d’un mystère que les hommes ne comprennent pas toujours : d’où vient la force féminine ? C’est Geneviève Sorin avec « &frac3
4; face
» qui a réussi la plus belle alchimie entre hommes et femmes à partir d’un quatuor d’équilibres et d’articulations pour le moins complexes !

Trois hommes lumineux.

Dix danseuses ont offert au Festival de Marseille un moment unique. Le chorégraphe Emmanuel Gat avec « K 626 » a su faire danser ces dix« petits soldats d’Israël » sur le requiem inachevé de Mozart. Quand la danse rencontre l’incertitude et le chaos, elle résonne chez chacun d’entre nous.
La résonance était a priori facile : « comment l’homme passe-t-il de la position couchée à la position debout ? ». Nous vivons ce processus depuis la naissance. Le chorégraphe Pierre RigalÉrection » et le metteur en scène Aurélien Bory en ont fait un mouvement complexe pour mieux interroger nos postures couchées, métaphore de nos positionnements dans la vie. Trente minutes époustouflantes. À suivre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *