Une semaine pour écrire…sur « La Cité Radieuse » chorégraphie de Frédéric Flamand, vue au Théâtre de la Criée de Marseille samedi 5 novembre 2005.
Une semaine pour vous faire part d’une œuvre saluée par la presse, le public et qui m’a laissé indifférent pour ne pas dire…dépité.
Une semaine pour tenter de dénouer les fils…Rien n’y a fait.
Je suis plombé par le contexte marseillais et français. J’ai vu cette œuvre au moment où les traminots reprenaient provisoirement le travail après une grève de 32 jours. Suis-je toujours en 2005 pour qu’un tel conflit social s’éternise ? Marseille a le visage d’une ville en dehors de la modernité, repliée sur des bastions, engluée dans la pauvreté. Frédéric Flamand a-t-il senti cette fragilité, ce totalitarisme rampant au moment de concevoir « La cité radieuse » ? Il y a de quoi douter vu les réactions du public marseillais.
Pourtant, l’idée lumineuse de revisiter «La cité radieuse » de Le Corbusier en collaboration avec l’architecte Dominique Perrault pouvait donner de la perspective, du propos, du sens au moment même où les banlieues explosaient. Puisqu’il s’agissait de « créer une vision au-delà du miroir » (dixit Perrault)…Promesse non tenue à la limite de l’imposture ! J’ai bien tenté, comme on me l’y invitait,  à ne  plus me centrer sur un point de la scène mais à naviguer tantôt vers les images numériques, tantôt vers les mouvements du danseur ou du collectif. Certes. Mais pour quoi ? Plus le spectacle avançait, plus je m’en éloignais comme si tout cela ne m’était pas adressé. Etrange sensation, ni agréable, ni désagréable.
Une semaine pour écrire sur l’indifférence!
A la fin de la représentation, le public criait sa satisfaction ! Je me croyais à une manifestation sportive ! Le comportement du public répondait-il à un message subliminal de Flamand ? Lequel ? En quittant rapidement la salle, j’ai pris le temps de lire la revue de presse (très positive) sur ce spectacle. Mon regard est attiré par un titre – Frédéric Flamand : "les marseillais sont fiers de leur ville"-. C’est donc peut-être cela. Au-delà du miroir, il y a peut-être l’acte d’engagement de Frédéric Flamand au Ballet National de Marseille. Ou alors, le désir de redonner de la fierté aux marseillais comme au temps de Le Corbusier.
La fierté…Il serait peut-être temps de sortir de ce petit jeu démagogique et de donner aux marseillais autre chose que leur miroir déformé.

Je m’égare…peut-être.

A lire les différents sujets "Danse" du Tadorne:

Le Ballet d’Europe à la Friche Belle de Mai: l’imposture rêvée…

« La fin des terres » de Philippe Genty enveloppe le public du Toursky…

La place du Singe" d’Angot, Monnier: le beau souvenir d’Avignon 2005.

La magie inoubliable de Raimund Hoghe sur ARTE.

"Danse à Aix": les faux pas de l’édition 2005

"Last Landscape" de Joseph Nadj: l’autoportrait des festivaliers?

Mathilde Monnier plombe la soirée du Festival d’Avignon.

Christian Rizzo: le magicien du Festival d’Avignon.

L’Europe vu par Roméo Castellucci au festival d’Avignon

Angelin Preljocaj et "Les 4 saisons": l’exil à Châteauvallon!

William Forsythe, "You made me a monster", …

Vandekeybus au Festival d’Avignon: « Puur » se perd…

B. ¹03 Berlin de Roméo Castellucci m’a perdu…

« Anathème » de Jacques Delcuvellerie: la messe est dite.

Jan Fabre et "l’histoire des larmes": le rendez-vous manqué.

Les réseaux européens de Danse au Festival de Marseille: une forme olympique?

La chambre D’Isabella: les retrouvailles d’Avignon 2004

Anne Teresa de Keersmaeker: la désunion…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *