En ce dimanche pluvieux, je décide d’aller au cinéma… »L’enfant » des Frères Dardenne est à l’affiche. C’est un beau film, noir et optimiste qui donne espoir en l’homme…En l’humanité…
Je sors du cinéma…Il est 17h…Que faire dans cette « ville d’eaux et d’arts »? La galerie du Conseil Général est ouverte pour une exposition au titre prometteur: « Deuxième peau…Habiller la danse« . Il s’agit à travers de multiples photos et d’habits de scène de démontrer comment les chorégraphes ont habillés le corps. Les photographies de Laurent Philippe sur les chorégraphies d’Angelin Preljocaj, de Pina Baush, et de William Forsythe sont magnifiques. J’ai l’impression de faire le bilan de mon parcours de jeune spectateur chorégraphique…Quelques costumes de Découflé et de Jean-Paul Gautier agrémentent cette belle exposition…En quittant les lieux, je fais part à l’hôtesse d’accueil d’une erreur dans la légende d’une photographie d’Angelin Preljocaj. Elle ne prend même pas la peine de noter ma remarque: « je ne fais que de la surveillance ». Le Service Public me désespère parfois…En sortant, je croise Angelin Preljocaj qui se rend à l’exposition…!

Cette exposition se tient dans un contexte pour le moins tendu. L’absorption du festival « Danse à Aix » par le Centre Chorégraphique National (Les Ballets Preljocaj) soulève la polémique. Cette décision prise par Mme Joissains, Maire UMP et par la DRAC est inacceptable à plus d’un titre:
– Au regard des procédures de Délégation de Service Public (puisqu’il s’agit de « changer d’opérateur » dixit le Maire, pourquoi n’y-a-t il pas un appel d’offres? C’est une question de transparence et d’égalité.)
– Au regard de l’absence de projet artistique de substitution. Sur quel projet ce transfert s’opère-t-il? Nous n’en serons rien tant le silence des « adjoints » à la culture de Mme Joissains et des Ballets Preljocaj est assourdissant. Pourtant, c’est une question légitime si l’on veux bien se mettre à la place du festivalier contribuable citoyen!
– Au regard des confusions dans les positionnements. Ginette Escoffier, ancienne Directrice de « Danse à Aix » est membre du Conseil d’Administration des Ballets Preljocaj.  Bizarre, non? N’y-a-t-il pas conflits d’intérêts ou tout au moins une éthique à respecter?
Entre:
– L’aberration d’une telle décision d’un point de vue moral, politique et juridique,
– Le piètre bilan artistique de l’édition 2005 de « Danse à Aix » (à lire mon bilan, tellement annociateur de la tempête actuelle!)
– et mon attachement au travail artistique d’Angelin Preljocaj,
…ce soir, je n’arrive pas à être manichéen.
En effet, je me souviens encore de l’édition en mai 2004 de « Corps à coeur », festival crée par les Ballets Preljocaj ou durant une semaine, j’ai pu découvrir de magnifiques chorégraphes et danseurs venus de l’Europe entière (voir même de Russie avec Olga Pona). Je me souviens d’une belle ambiance parmi le public, ravi de découvrir ces propositions étonnantes (Comment oublier  Lisbeth Gruwez dansant sous une pluie d’huile d’olive dans  » Quando l’uomo principale è una donna » de Jan Fabre). Je rêve donc d’un festival 2006 à l’image de ce « Corps à coeur »…si bien habillé! Je ne saurais trop vous conseiller de vous rendre sur www.ladanse.com. La rubrique sur « Danse à Aix » est éloquente. Les réactions sont violentes, sans distance et sans proposition pour un  projet alternatif.  Il fallait  une autre orientation pour « Danse à Aix ». A force d’isolement, d’enfermement dans des choix artistiques dépassés et d’absence de mise en réseau avec Dansem, Les Hivernales, Objectif Danse, « Danse à Aix » s’est laissé piégé par l’arbitraire.
Les danseurs peuvent aller se rhabiller…
Le Service Public me désespère parfois…Aix en Provence et ses édiles, souvent…

Pascal Bély – www.festivalier.net


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Le bilan de « Danse à Aix », édition 2005.

La fin de « Danse à Aix »…suite!

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