Après « Letters from Tentland Return to sender » joué au Théâtre de Grammont, me voici au Théâtre du Hangar, au c?ur de Montpellier pour assister à « Mort et moi » de la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen, installée à Marrachech. C'est un solo pour le moins étrange, entre Orient et Occident, entre danse et non-danse, entre désirs d'ouverture et « une éducation forte qui maintient à l'état de virginité ». Couchée à terre, elle danse avec une table, tour à tour prison, meuble pour s'élever, se cacher. Les gestes sont précis et parfois cassants. Debout, elle nous propose une magnifique danse du ventre , qu'une lumière éclaire. Ce ventre m'évoque la Méditerranée. Je le ressens comme un lien entre elle et nous.
Troublant.


S'opère alors une brutale rupture. Bouchra Ouizguen danse avec une ceinture dorée ramassée par terre. Elle s'enlace, court, joue avec elle : tout à la fois libérateurs et cloisonnés, les mouvements perdent peu à peu de leur beauté originelle et deviennent presque mécaniques. Des chaussures sont posées au fond de la scène. Elle les essaye, une par une. Elle semble chercher celle qui pourrait lui convenir, compte tenu de sa culture. Le solo perd de sa puissance à mesure que le monde s'ouvre. Je ressens son isolement. L'occident, métaphorisé par ces chaussures, l'enferme d'autant plus qu'elles sont rangées en ligne droite, empêchant toute forme de créativité, toute mise en mouvement. Elle perd le spectateur : il ne comprend plus ses contradictions. À la limite, il en est presque responsable.
Malaise.
Au final, ce solo contraste avec le précédent spectacle. Là où, avec leur tente, les six femmes iraniennes créent une passerelle, Boucha Ouizguen a du mal à bâtir un pont. Rien n'exclut que nous y arrivions un jour. Montpellier Danse n'a pas fini de nous faire sa danse du ventre?

Crédit photo : Nour Eddine Tilsaghani

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