Archives mensuelles : avril 2006

Elle est là, dans le hall du Théâtre des Salins de Martigues. Elle tient un tapis à la main sous le regard des spectateurs ; ils attentent « Jeux d'intentions » de Raphaëlle Delaunay. Avec sa jolie robe blanche, elle tente de faire ses pointes sur ce tapis. Son corps se désarticule. Elle tombe, se relève, se transforme comme si nos regards métamorphosaient sa danse. Elle tombe, se relève de nouveau et se dirige tout droit?vers moi ! Elle s'appuie sur mes petites épaules, me dépasse et me fixe droit dans les… lire la suite

 
La condition du spectateur est parfois difficile. Le mistral souffle en tempête sur le parvis du Théâtre des Salins de Martigues. Un long bandeau noir sur la façade fait office de message de bienvenu (« Culture en danger. Retrait du protocole 2003 »). Le hall glacial du Théâtre est quasi désert et la salle est à moitié vide comme pour le précédent spectacle de Patrice Chéreau et Philippe Calvario. Le contexte est posé : où va le théâtre en Région ? Où est le public ce soir ?Je m'apprête à… lire la suite
Je n’avais pas fait le lien avant d’y arriver: l’usine Corot, où se joue ce soir « Psychiatrie / Déconniatrie » dans le cadre des « Vagabondages » du Théâtre du Merlan à Marseille, est le lieu où le « chorégraphe » Jean-Charles Gil répète ses œuvres. Elles ont fait les joies du Tadorne  en décembre dernier. L’endroit est angoissant  mais le restaurant qui jouxte la salle de spectacle donne envie. Comme quoi, l’art culinaire a sa place à côté du… lire la suite
 

Dix spectateurs sont habillés en blouse blanche et se font face des deux côtés de la scène. Du linge pend et les draps blancs de l'hôpital psychiatrique font office de cloisons mais permettent aussi au théâtre d'ombres de faire son cinéma. De petits films y sont projetés, images de l'inconscient où se nichent nos histoires, nos rêves et nos fantasmes. En plaçant une partie du public sur scène, puis en nous offrant un petit verre de vin au cours du spectacle, Christian Mazzuchini seul acteur et metteur en scène,… lire la suite



?????? « Aphorismes géométriques » commence. Comme en août 2005, je suis littéralement happé par ces quatre danseuses. Le quatuor émerge tout au début ; elles se cherchent ; je les suis ; les corps se touchent, s'évitent ; je les sens. Puis une à une, elles disparaissent pour mieux nous revenir. J'assiste alors à 4 solos époustouflants. De la femme en colère à celle qui souffre, de la femme sensuelle à celle qui accouche, de la femme caresse à celle qui fait mal, de… lire la suite

« En Sourdine » démarre. Le titre est plutôt d’actualité. Cette chorégraphie de 25 minutes d’Emilio Calcagno et Olivier Dubois s’articule avec l’univers de Stéphane Blanquet, dessinateur. Le début est plaisant : un petit bonhomme danse comme une marionnette, se métamorphose en détective, dessine sur le miroir. Une oreille en sort et se contorsionne sur scène. Notre petit homme enlève son imperméable et se transforme en œil. S’opère alors la rencontre entre l’œil et l’oreille. Mais la magie n’opère plus. Les costumes paraissent lourds a tel point que les danseurs paraissent… lire la suite

Before…
Michel Kelemenis est rare. Trop peut-être. Trouver ce chorégraphe est un jeu de piste, une chasse au trésor. Il faut d’abord le repérer au cœur d’une manifestation inconnue jusqu’à présent (« Danse en Avril » à Aubagne) ; puis se perdre à force de chercher une « salle de spectacles » à la Penne sur Huveaune, près de la gare (!), où Michel Kelemenis présente une œuvre majeure : « Aphorismes géométriques ». Majeure car, me semble-t-il, cette pièce pourrait faire date dans l’histoire de la danse. Après avoir vu ce spectacle… lire la suite