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OEUVRES MAJEURES

La magie inoubliable de Raimund Hoghe sur ARTE.

C’était dimanche soir à 20h15 sur ARTE. Alors que la moitié des téléspectateurs regardent Sarkozy sur TF1 utiliser la misère d’une partie de la population à des fins personnelles et vomir sa haine de la différence, ARTE diffusait un magnifique film de danse, “Cartes postales” du chorégraphe Raimund Hoghe avec Lorenzo de Brabandère, son danseur fétiche. J’ai découvert pour la première fois Raimund Hoghe, disciple de Pina Bausch et…bossu, au festival “Montpellier Danse” en 2004. “Young People, Old Voices avait duré 3 heures. Le public était bouleversé et une longue ovation de vingt minutes avait clôturée cette soirée magnifique.Je ne m’attendais pas à retrouver une telle émotion, surtout à la télévision.Et pourtant…Comment expliquer la magie d’un tel film?

Les pas, les gestes de Hoghe et de Lorenzo sont d’une précision bouleversante, d’une tendresse infinie. Filmé avec brio par Richard Copans, “Cartes Postales” est un hymne à la différence, à l’ouverture, à la communication. Entre Raimund et Lorenzo, tout est question de circularité, de rondeurs, de déplacements où l’un est interdépendant de l’autre.Au même moment, un ministre d’Etat parle de “racaille” pour stigmatiser une partie de la population française…

Pascal Bély – Le Tadorne

Voir le film ici.

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OEUVRES MAJEURES

La chambre D’Isabella: les retrouvailles d’Avignon 2004

Isabella est donc revenue…Avec Alexander, Franck, Anna, Arthur et les autres.  La magie du spectacle de Jan Lauwers et de la Needcompany reste intacte un an après l’avoir vu au Festival d’Avignon.
L’histoire d’Isabella parle à chacun d’entre nous et c’est le talent de Jan Lauwers que de savoir, avec empathie, créer ce lien magique avec le public. La transdisciplinarité tant décriée en France et un choix artistique majeur pour les flamands! Tous nos sens sont en éveil et comme Isabella, nos deux cerveaux (gauche et droit) sont unis comme rarement ils peuvent l’être au quotidien!

Mais voilà, le Festival de Marseille est capable de limiter la magie… Etait-il normal d’entendre en bruit de fond des musiques venues d’ailleurs (Parc Borely). Comment expliquer la piètre qualité sonore du spectacle? Enfin que dire des applaudissements nourris d’une partie minoritaire du public ? C’est incompréhensible quand on sait le TRIOMPHE qu’a connu ce spectacle en Avignon, à Paris et en Europe.

Après 10 ans, je n’arrive toujours pas à sentir ce public et c’est le point faible de ce festival. Il mériterait de se diversifier et de s’ouvrir à d’autres couches de la population plutôt que de privilégier le public d’entreprise.

Isabella aurait tant de choses à dire à ceux qui pensent encore que le repli sur sa culture et sur soi est la meilleure des stratégies.