Le froid vient de tomber, il est encore tôt, la ville se voile tout juste à peine de pénombre, les «lampions de Noël» s’allument pour conduire mes pas vers les retrouvailles avec «L’Arpenteur»*.

Par petites «grappes», nous entrons dans la salle. Les «vrais enfants» ont une enveloppe à la main où ils ont inscrit leurs noms et adresses; ils la déposeront «à la boite» avant de prendre place. Auparavant, nous emprunterons tous, qu’on soit petits ou un peu plus grands, la même rue, miniature de lumières, pour arriver au plateau boite à lettres.

J’éprouvais le besoin d’être entouré d’enfance pour rencontrer ces «Villes Invisibles». D’un côté une petite fille remuante et toussante,  de l’autre, une «grande vraie jeune fille» appariée, ce soir là, à une «petite fille sage». Je pouvais donc me «lover» dans mon enfant à moi, bonbons compris.

Levée de la boite à lettres, les prénoms s’égrainent. Et, les mots de Louis-Basile, qui a voyagé «toute sa vie» avant que de «revenir» dans «sa» ville, se donnent à l’adresse des petits spectateurs.

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Ben, Aicha, François, Nouna, Karl, Helena, Kevin…Ensemble, ils commencent à tisser la toile de nos galaxies espérées. Nos fenêtres espaces se font ciels étoilés et notre «village» se fait Monde par les souvenirs du «Voyageur».

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La nuit se fait jours…comme dans nos «imageries désirs» d’un aujourd’hui vers un demain en fenêtres touchées/aperçues.

Une heure quinze durant, le «vieux» baroudeur arpenteur souffle toujours tendrement, quand bien même quelques maladresses, une Belle vie à l’Enfance et à ses Fenêtres promesses. Unique, en singulier pluriel, un ciel aux étoiles se dessine. La petite fille a cessé de remuer, je me suis « invité/oublié » vers l’enfant que j’étais, que je suis. Mes «Villes Invisibles» se sont (r)allumées? !

Il fait encore un peu plus froid. Mes pas du soir vont me conduire vers ma Maison. Aujourd’hui, ma tête voyage, au gré de mes fenêtres d’Hier. Une ritournelle m’approche….«J’ai une maison pleine de Fenêtres?»… Hervé Lelardoux m’a «reconduit» à la part douce de mon enfance vitalisée en Aujourd’hui…

Rentré dans mon chez moi, la lecture de la feuille de salle me «rassure». Les «petits» aux enveloppes recevront bien une lettre de Louis-Basile, ils n’auront pas «figurés» pour rien !

Les villes existent dedans/dehors, visibles ou invisibles; explorons-nous «simplement», en corps vitraux, pour les allumer et les vivre en pluriel. Par les nuits étoilées ou voilées, nos enfants à la fenêtre nous guident, quelques étroites soient parfois les ouvertures et faibles les lumières. Il y a toujours, quelque part, une boite à lettres.

Bernard Gaurier, Le Tadorne

« Voyages en villes invisibles » d’Hervé Lelardoux au TNB Rennes du 6 au 16 décembre 2011.

*Hervé Lelardoux dirige depuis 1985 le Théâtre de l’Arpenteur avec Chantal Gresset, ils nous ont plusieurs fois invités à marcher dans la ville?

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