«J’ai le sentiment que tu écris beaucoup moins que l’an dernier, non ?» me faisait remarquer un agent d’accueil d’un théâtre en novembre 2011. Pas faux. Presque moitié moins.

L’offre de spectacle vivant dans ma région (Aix-Marseille) ne correspond  plus de tout à mes attentes: j’y retrouve les mêmes esthétiques et des artistes qui finissent par tourner en boucle. Les propositions chorégraphiques se sont littéralement effondrées malgré la présence du Pavillon Noir d’Aix en Provence et d’un Ballet National à Marseille. Ces institutions assèchent plus qu’elles n’irriguent. Du côté des scènes nationales (Le Merlan à Marseille, Théâtre des Salins à Martigues), on répète à défaut d’innover. La fonction de programmateur ne sert finalement qu’à programmer. La visée sur le rôle des arts vivants dans une société en perte de valeurs se réduit à assurer la billetterie ou à soigner l’image «branchouille» du lieu. On (ré)conforte le spectateur plutôt que de mobiliser ses possibilités de penser autrement. Tandis que des grands noms du théâtre et de la danse ou des artistes émergents traversent Lyon, Nîmes, Montpellier, Toulouse, ils font l’impasse sur Marseille et sa région. Tout semble statufié. Le Festival de Marseille programme pour séduire (voir l’article que j’écrivais en 2008, toujours d’actualité); Actoral s’est perdu à force de vagabonder; Montevidéo a fermé (pour combien de temps ?) alors que le Théâtre des  Bernardines soigne sa chapelle.

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En 2011, je n’ai quasiment pas chroniqué sur les spectacles vus dans ma région. Je rêve d’un ailleurs même si un paysage nouveau semble se dessiner :

1) Klap, Maison pour la Danse de Michel Kelemenis a ouvert en octobre dernier. Le projet d’en faire un lieu exclusivement dédié à la création laisse espérer la venue de chorégraphes à Marseille. À noter qu’en deux mois, le lieu a tenu ses promesses malgré des horaires de diffusion (19h) décourageants (voir l’article Bloc-notes / A Marseille, théâtres et festivals me découragent.)

2) L’arrivée de Macha Makeïeff à la Criée et son projet de dépoussiérer l’institution suscite ma confiance. Attendons la saison 2012-2013…

3) La Friche Belle de Mai est en chantier ; un directeur vient de prendre ses fonctions. Espérons qu’il puisse ouvrir le lieu vers la ville pour un nouvel accueil, une mise en lien des disciplines et des différents opérateurs culturels qui composent la Friche.

Concernant le blog, le premier semestre a vu son audience chuter peu à peu. Faute d’articles, le lectorat a déserté (à peine 100 visiteurs par jour). À la fin du mois de février, j’envisage d’arrêter l’aventure. Découragé de ne pouvoir écrire, je publie en avril un article sur l’absence de propositions théâtrales de qualité dans ma région. Malgré tout, je vais à la rencontre d’artistes à Bastia, Nantes, Bruxelles, Gap. Je m’émeus des  propos racistes de Raphaël de Gubernatis du Nouvel Observateur, de l’inculture des communicants dans les théâtres, de la nomination d’Olivier Py au Festival d’Avignon. Je retrouve le plaisir d’écrire et pars serein au Festival Montpellier Danse après le rendez-vous manqué d’Uzès Danse. L’audience du blog augmente et explose au cours du Festival d’Avignon (plus de 1000 par jour).  Le Tadorne est identifié par les artistes et certains spectateurs m’encouragent dans ma démarche notamment lors des rencontres que j’anime avec le Festival Off d’Avignon.

Si les Rencontres Photographiques d’Arles furent particulièrement ennuyeuses, la Biennale d’Art Contemporain de Lyon m’a profondément stimulé (quatre articles qui seront lus par plus de 3000 visiteurs uniques), tandis que le Printemps de Septembre de Toulouse s’est avéré plus sensible et moins spectaculaire que les années précédentes. Le Festival d’Automne m’a permis de retrouver Claude Régy et Daniel Veronese avant de retomber dans la léthargie régionale (et la dénonciation de l’étrange positionnement du directeur adjoint du Festival de Marseille). Rien ne fait événement ici alors que la polémique autour de la pièce de Roméo Castellucci à Paris par les fondamentalistes religieux m’oblige à me positionner pour défendre cette oeuvre remarquable.

Au final, l’année 2011 voit l’audience se stabiliser à 90 000 visiteurs uniques (+ 1,21% par rapport à 2010. La plus faible progression du blog depuis son ouverture en 2005) tandis que la page Facebook s’est affichée 1 001848 fois. Animée par Sylvie, Francis, Elisabeth, Clémence (1 et 2 !), Alexandra, Sylvain, Pierre-Jérôme et Robin, c’est un espace d’échanges autour des arts vivants. Merci à ces Tadornes qui ont été un soutien précieux en 2011. Merci à Laurent Bourbousson et Bernard Gaurier pour leurs fidèles contributions.

Pour finir ce bilan,

Les 10 articles les plus lus :

1- Pour Roméo Castellucci, contre la censure des malades de Dieu.

2-Extra-terrestre Biennale de Lyon

3-L’article inacceptable de Raphaël de Gubernatis dans le Nouvel Observateur 

4-Patrice Chéreau fait naufrage.

5-Le Prince Vincent Macaigne vous attend.

6-Bertrand Cantat, «le condamné» d’Avignon.

7-Au Festival d’Avignon, Boris Charmatz enfante d’un chaos enthousiasmant, d’une humanité à la dérive.

8-Au Festival d’Avignon, la danse de Xavier Le Roy fait la conversation.

9-Une Maison pour la Danse à Marseille : Klap ! Klap !

10-Qui est Pascal Bély? 

Le Budget du blog.

Les dépenses liées au Tadorne en 2011 (billetterie, hébergement, déplacement) se sont élevées à 5900 euros (en hausse de 10% par rapport à 2010). Faut-il le rappeler, mais Le Tadorne ne rapporte aucun revenu ! Je m’interroge sur la nécessité de lancer une souscription pour financer une nouvelle ergonomie du site.

L’aventure se poursuit donc en 2012 pour la septième année.

Je vous remercie chaleureusement pour votre fidélité.

Pascal Bély, Le Tadorne.

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