Le Théâtre hongrois de Cluj, basé en Roumanie, présente une oeuvre forte, exigeante, dans la salle du chapitre au Théâtre des Halles. « Naître à Jamais » est une histoire de survie. Survivre après les camps de concentration, survivre aux autres, à ses souvenirs,  à soi. Sur fond de Shoah, András Visky raconte l’histoire de l’homme sans nom, à l’identité non reconnue, incarne le « nous », les innocents de Guantanamo, Florence Cassez emprisonnée au Mexique.

« Naître à jamais » résonne dans le monde contemporain que nous construisons, comme si l’histoire se répétait.

La découverte du théâtre hongrois vous emmènera dans des contrées non encore explorées. La barrière de la langue s’efface derrière la danse, la gestuelle, le chant et la prière de ces corps fantômes. Ils ne sont que l’ombre d’eux-mêmes, âmes errantes pour trouver un coupable à leur tragique destin.

« Naître à jamais » est une oeuvre qui donne à réfléchir sur la condition des peuples, sur ce que nous laissons en héritage, sur la place de la religion dans notre rapport au monde, sur ce que nous sommes et surtout pourquoi nous en sommes arrivés là.

Un théâtre pour panser les plaies, penser nos plaies.

Laurent Bourbousson – www.festivalier.net

« Naître à jamais » de Andras Visky au Théâtre des Halles en Avignon. Jusqu’au 30 juillet 2009.

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