« Lorsque vous regardez mes photographies, vous regardez mes pensées ».

On ne présente plus Duane Michals. Ses jeux espiègles d’images qui allument  l’intérêt de quiconque regarde. On trotte dans la rêverie. Je m’illusionne sur la technique du cliché, m’interroge, et ma réflexion me renvoie à Picasso. La ligne donne le ton du sentiment. Picasso travaillait le négatif pour susciter le sentiment. Duane Michals travaille le sentiment dans la matière du négatif. La fascination est bleuffante sur le savoir-faire. On reconnaît la trace de ses imaginaires de la photo qui raconte, à l’instar du cinéma muet , des scènes rêvées et soufflées à nos yeux. On en appelle aux mythes, aux histoires collectives. Il est si ludique de vagabonder sur les murs de l’Archevêché, sur le fil de la philosophie de vie Michals. C’est drôle, grave, tendre et sublimant. J’ai l’impression de regarder l’intimité de l’autre  au travers d’un kaléidoscope. Un temps d’antan. Je souris et m’échappe.

Cependant, la lecture n’est pourtant pas aisée. J’entrechoque d’autres lecteurs d’images. On court après l’histoire. Oui les clichés sont petits,  on fuit le reflet du verre du cadre. On scrute alors de prés. On se pousse, se sourit pour s’excuser et poursuit l’histoire avant d’être à son tour bousculé. Je me recule et tente de comprendre l’accrochage. Déception. L’espace mural n’est pas très bien pensé. Le confort a été oublié au profit d’une esthétique d’espace. Ou alors avait-on prévu moins de visiteurs ? Mauvais calcul. Je voudrais, car c’est un voeux formulé, avoir ces lectures toutes à moi, une seconde, une minute, en parfaite invitée de cet univers. Et me voici à bagarrer  devant une photo, puis une autre plus loin.

On finit par quitter l’exposition, enchanté mais pas conquis.

Diane Fonsegrive – www.festivalier.net

Exposition présentée au Palais de l’Archevêché du 7 juillet au 13 septembre. 

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