Il fallait oser…
…Olivier Py, metteur en scène et dramaturge, se transforme en Miss Knife, chanteuse plantureuse perchée sur ses talons, le soir d’un concert donné au Théâtre Municipal le 17 juillet 2005.
Jan Lauwers, transforme, lors d’un Needlapb, la scène en laboratoire d’expérimentation, un espace mental, une esquisse de nouveaux textes, le 18 juillet au Cloître des Célestins.

 

Dans le premier cas, Miss Knife évoque à l’occasion d’ une chanson de marin, le « naufrage du festival d’Avignon ». Le public rit…Nous assistons à un joli spectacle de music- hall où le public retrouve sa place…Il a donc fallut qu’un homme de théâtre se métamorphose pour faire avaler au public la pilule amère de la programmation de Jan Fabre ! Il etait donc nécessaire qu’Olivier Py se mouille (avec les Vainqueurs et Miss Knife) pour ne pas faire sombrer ce festival dans les impostures de créateurs en mal de reconnaissance…Merci Monsieur Py !

 

Pour Jan Lauwers, il fallait montrer au public le début d’un processus de création, faire œuvre de pédagogie ; démontrer comment on relie la danse, la musique, le théâtre, la vidéo. Pour la première fois en Avignon, un metteur en scène propose une œuvre non aboutie, brouillon. Pour faire avaler cette grosse pilule (Lauwers peut y aller, le public frôle l’overdose !!), un cocktail sucré – salé est proposé aux 500 spectateurs ! La Needcompany nous a donc proposé des fragments de création : une série de portraits plutôt réussie où se mêle texte, danse, musique ; puis Viviane de Munck  se transforme en écrivain barbu nostalgique (époustouflante actrice) ; et pour finir une histoire de homard, ou du rire, je suis passé aux larmes.
L’ensemble est effectivement en création et j’ai bien reconnu la fougue, la tendresse, l’empathie de ces comédiens qui font de La Needcompany un vrai laboratoire de recherche sur les nouvelles formes artistiques.
Je quitte le Cloître des Célestins enchanté par l’ouverture que me procure Jan Lauwers ; je cherche du regard ce couple de Montréal avec qui j’ai échangé avant le spectacle…En vain…Leur engagement à traverser l’Atlantique pour venir au Festival m’avait touché…
Non décidément, l’édition 2005, est une performance…dans la provocation.

A lire le bilan du Tadorne sur le festival d’Avignon 2005.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *