Ce devait être une soirée entre amis au Festival de Marseille. Ce devait être émouvant, surprenant, dans la continuité des trois précédents spectacles programmés depuis le 8 juin. Mais d'édition en édition, le Festival de Marseille poursuit ses mauvaises habitudes. À vouloir transformer le Parc Henri Fabre en lieu de mondanités pour public d'entreprises, le Festival s'éloigne de sa mission de guidance vers des territoires inconnus. En programmant « Perfect Gems » par le Ballet Royal de Flandre, la soirée frôle la caricature, avec ce questionnement qui ne me quitte pas : « comment ont-ils pu oser ? ».
Ce devait être une jolie succession de trois chorégraphies, ou comment la danse classique s'articule à la danse contemporaine.
Passons sur les mauvaises conditions visuelles : rang W, cela limite la vision quand une grosse tête dépasse.
Passons sur le bruit de l'appareil à photo de mon voisin et ses commentaires avisés.
Passons sur la soif : rien à boire, buvette fermée, avant et après le spectacle.
Passons sur les entractes qui durent vingt minutes entre deux courtes créations: porté par les mouvements complexes des cinq danseurs lors de la chorégraphie de David Dawson (« The Grey Area »), je perds le fil à attendre que les spectateurs se désaltèrent tout en flânant dans les jardins de la Duchesse. Ce long intermède se répète entre le 2e et 3e spectacle. Où suis-je ? Où est le respect d'une partie du public des hauts gradins venu pour voir de la danse ?
Passons sur ces trois moments choisis qui n'ont ni queue ni tête. Quelle cohérence entre l'étonnant « In the Middle, Somewhat Elevated » de William Forsythe et le consternant « In the Night » de Jerôme Robbins ? Comment cette chorégraphie peut-elle être programmée en 2006 au c?ur d'un Festival qui prône la transdisciplinarité ? Imaginez trois couples niais qui dansent avec leurs pointes le rapport amoureux où les femmes sont à terre devant leur joli prince charmant ! C’est consternant de bêtise. C'est ce type de chorégraphie qui fait plaisir aux mondains et fait régresser l'ensemble.
Les applaudissements des premiers rangs masqueront les fous rires venus des hauts gradins.
Passons sur ce ballet, froid comme la glace, qui ne porte même pas l'énergie créative de William Forsythe. Ils sont pourtant neuf mais rien n'y fait. Leurs corps, façonnés par la danse classique, n’expriment aucune émotion. Ils dansent mécaniquement sous l'?il sûrement expert de leur Direction Artistique.
Passons sur cette soirée inutile qui ne fait rien bouger, où vous avez le sentiment de vous être fait piéger par une affiche alléchante. À voir le public regagner presque en courant leur véhicule, on se prend à rêver d'une autre programmation où les spectateurs échangeraient leurs impressions comme lors d'un débat politique passionné ! Je ne supporte plus que l'on utilise l'Art comme produit d'appel?
Je passe.
Dimanche, je m'arrête à Montpellier Danse.

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