Elle : « Mais comment fais-tu pour voir tous ces spectacles ? » 
Moi: « Pendant que tu regardes la télé, je vais au théâtre! »
Elle: « Ah ! Vu sous cet angle… »
Dimanche, pendant que vous regardiez peut-être la télé ( !), je m’apprêtais à partir au Théâtre d’Arles pour voir la chorégraphie de Pierre Rigal, « Erection ».
Programmé dans le cadre de la manifestation « Duos et soli », ce spectacle était l’événement.
Flash back.
Il est 17h30. Je cherche mon billet. Où est-il ? Là ? Non. Ici ? Non plus. Dessous. Dessus. A l’endroit ? A l’envers ? Je vide mon sac. A cet instant, la pièce commence à ressembler à "un paysage après la bataille". Couché à terre, je scrute le plateau de verre de mon bureau. Même sous cet angle, je ne vois toujours pas le précieux sésame. L’excitation monte. J’ai la tête qui tourne. Toujours à terre, je cherche tel un chat. Je commence à me sentir ridicule dans cette position. La colère monte. Je me relève, essoufflé. Je cours dans l’appartement au risque de me prendre cet aspirateur qui gît là, attendant peut-être que je veuille bien me consacrer aux taches bassement matérielles…J’ouvre le frigidaire. Je vois pas le rapport. Que se passe-t-il ? Que m’arrive-t-il ? Je me sens triste. Pierre Rigal ne commencera pas sans moi, pas sans le Tadorne! Je perds mes ailes. Il est 18h15. Trop tard. Le billet a eu ma peau.
Je m’asseois dans le fauteuil. J’allume la télé. France 5. « Ripostes » de Serge Moati a commencé. Je préfère ne pas répondre. Comme pour lire la posologie d’un médicament, je prend désabusé la plaquette du spectacle :« L’homme est né dans une lumière bleue. L’homme étendu au sol raconte la longue histoire de son passage de la position couchée à la position debout. S’ériger, c’est par extension de langage, s’opposer, se révolter, combattre. Dans un dispositif épuré, accompagné d’effets sons et vidéos créés en direct, Pierre Rigal dans à la fois l’homme – animal, l’homme – individu et l’homme – social, trois versions d’une même tentative d’érection. Une performance. Celle de Pierre Rigal, mais aussi la nôtre ».
Après mon « Erection », la télé peut bien faire effraction chez moi.
Rien n’est jamais perdu.

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