À la fondation Maeght parmi les pins et le soleil de la côte, mon imagination vogue à l'âme de Joan Miró. Ce lieu fut son espace de travail, d'inspiration et de réflexion. Deux cent cinquante ?uvres y sont exposées dont certaines pour la première fois. L'opportunité poivre la curiosité. Il s'agit donc de découvrir un environnement de création lié intimement à Joan Miró et d'en révéler l'alchimie inventive.  Tout le monde a dans le coin de son imagination une ligne rouge, bleue ou noire extraite d'une toile de Miró, mais l'approcher de prés oblige l'?il à objecter, à rencontrer l'univers de l'artiste.  D'abord les jardins qui provoquent l'évasion, puis la chaleur de l'été qui nous fait jouir d'une lumière exceptionnelle sur les ?uvres.  Le rayonnement autour du Minotaure de  Miró, la fraîcheur exaltée de la fontaine de Bury, les sculptures longilignes de Giacometti forment l'ombre ludique au sol. Il est agréable de se laisser aller à cette épopée forte du surréalisme, faisant appel aux lectures des grands noms de l'époque.

Et Miró.

L'introduction étant happée, nous pouvons entrer à l'intérieur du bâtiment, d'une architecture très 60', et l'on pense à un certain oncle de Tati. Avant de comprendre, il faut laisser la théorie graphique nous envahir.  Ne pas penser, pas encore, se retenir à l'extrême et voir, rien que la ligne qui se courbe, se tend, danse ces corps de femmes, ces mythes et les peurs de l'artiste.  Qu'il s'agisse de lithographies, de sculptures, de céramiques, de peintures, surtout suivre la ligne, qu'elle soit brossée, grattée ou simplement tracée en eaux fortes, ne pas la quitter des yeux et attendre que la poésie de Miró vous submerge. Et elle chante vite, en profondeur ;  les histoires défilent. Ces femmes belles, à la courbe forte par leur féminité,  leur puissance à l'enfantement, passionnément  toutes, que l'on pourrait retrouver chez Picasso ;  ces étoiles qui frustrent l'artiste de ne pouvoir les toucher, et plus loin ces monstres qui réveillent nos cauchemars passés. Les mots se bousculent alors dans nos pensées, d'abord séparés puis groupés. Et plus loin de relire Apollinaire : « Avant tout les artistes sont des hommes qui veulent devenir inhumains. Ils cherchent péniblement les traces de l'inhumanité, traces que l'on ne rencontre nulle part dans la nature. Elles sont la vérité et en dehors d'elles nous ne connaissons aucune réalité. Mais on ne découvrira jamais la réalité une fois pour toutes. La vérité sera toujours nouvelle. »


C'est en cela la clef du monde surréaliste et fou que Miró nous a laissé en héritage. Afin que les rêves extraordinaires de chacun rejettent le mot fin et puisent leur pérennité dans la régénérescence de nos actes.

Diane Fonsegrive ? www.festivalier.net

 

Exposition Miro en son jardin Du 26 juin au 8 novembre 2009- Fondation Margueritte et Aimé Maeght à Saint Paul

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