Clairement, "Double deux" de Gilles Jobin relate l’impossibilité d’être à deux : 
1 – «Je souffre de solitude»
2 – «Je me jette aux pieds de la première / du premier venu(e)»
3 – «Je te prends, je te jette»
4 – «Je te jette»
5 – «Je veux te modeler selon mon désir»
6 – «Je te prends, je te prends »
7 – «J’ai honte, je suis malheureux, plus malheureux encore qu’avant, je souffre ».
Ce déroulé paraît avoir été couplé à des consignes chorégraphiques simples, travaillées sous la forme d’improvisations successives :
1 – «Je balaye du bras l’espace devant moi tête basse et je m’effondre»
2 – «Je glisse sur le sol en direction d’un autre danseur»
3 – «J’attire l’autre et je le repousse en marmonnant pour moi même»
4 – «Je le gifle. Partie de baffes généralisée»
5 – «Je contrains l’autre à faire certains mouvements»
6 – «J’expérimente tristement le répertoire complet du Kama-sutra»
7 – «Je quitte l’autre, puis à la manière de Münch, je hurle une douleur muette».
Tout semble facile et convenu. Les applaudissements des spectateurs du Théâtre de la Ville furent timides.
Pour ma part peut-être n’avais-je pas envie ce soir là de plonger dans univers houellebecquien. Pour autant, il semble que ces idées auraient pu être exprimées plus subtilement, sans faire appel au pathos. Les danseurs de Gilles Jobin auront au moins réussi à me faire partager leur déception.

Elsa Gomis – Paris.

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♥ "Double deux" de Gilles Jobin a été joué au Théâtre de la Ville de Paris du 7 au 11 février 2007.

Crédit photo: Jean-Pierre Maurin.

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