La danse me répare. Elle crée du sens, du lien. Elle me donne la force de regarder le monde à partir du mouvement et de la relation. Ce désir de danse me conduit à 19h30 au Pavillon Noir d’Aix en Provence pour assister à la chorégraphie de Richard Siegal. Pendant trente minutes, « First Draft / Opus 8 » va m’envelopper, me protéger et me suspendre. Et pourtant, je suis contraint de voir le spectacle debout, au fond du studio, car la désinvolture du Centre Chorégraphique fait asseoir les spectateurs sur des « malabars » en mousse.  En l’absence de gradins, je ne vois rien. Un dispositif bifrontal aurait été adapté, mais le personnel guindé et toujours agité se soucie-t-il du public ?
Richard Siegal est là, accompagné d’un violoncelliste (Eric-Maria Couturier, puissant par sa présence) sur une musique de Zoltan Kodaly. Le corps habite l’espace, s’incruste dans la musique, et guide les gestes du musicien. La musique devient écriture chorégraphique et Richard Siegal fait corps avec le violoncelliste. Il s’en dégage des liens rarement vus sur scène et la curiosité du public  semble ne jamais faiblir. Je découvre qu’un violoncelliste peut aussi danser, qu’un danseur peut-être envahi par une sonate. J’entends Richard Siegal prendre plaisir à ce qu’il fait (« Et hop »dit-il avec amusement) et je me surprends à le suivre comme si je ne voulais perdre aucun de ses gestes.
Je tiens toujours debout: ce fil entre eux et moi relie mon imaginaire et leur projet. Sublime.


Crédit photo: Eric Boudet. Retrouvez-le sur son site, www.eric-boudet.com

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