Il m'arrive d'observer les photographes de danse au cours des spectacles. Je suis parfois près d'eux, quelques sièges nous séparent. Le bruit de leur appareil rythme le spectacle et m'intrigue.
Depuis l'ouverture de mon blog, publier une photo est un exercice délicat. Issues pour la plupart des sites des festivals ou des compagnies, elles sont choisies à partir de critères techniques (capacité à s’intégrer dans le format d’un blog!).
Et puis, au hasard d'un voyage sur le site « Belles images de danse », je découvre les oeuvres d'Eric Boudet. Photographe entre autre sur le feu « Danse à Aix », je reconnais certains spectacles et les sensations de l'été dernier refont surface, à l'image d'un album de photos de vacances que l'on aurait oublié au fond d'un tiroir. Les photos d'Eric Boudet sont à elles seules un ?uvre chorégraphique : les contrastes provoquent le mouvement, les danseurs s'envolent comme suspendus dans le temps et l'espace, conférant aux images une fragilité troublante.
Eric Boudet joue sur les asymétries pour mieux capter le lien entre les danseurs. Les éléments du décor ne sont jamais en arrière plan mais intégrés dans le propos du chorégraphe. Ainsi, les grilles du Parc Jourdan d'Aix en Provence se transforment en barreaux de prison où le beau danseur Bienvenue Bazié tente d'échapper. Il se dégage des photos d'Eric Boudet une émotion, un lien, comme s'il photographiait simultanément le chorégraphe et le danseur.
Cet artiste met en mouvement nos images de spectateur. Eric Boudet est un chorégraphe de notre mémoire. Inoubliable.

A voir:
Le beau site d’Eric Boudet.
– Un article sur l’exposition « Danseurs noirs contemporains ».


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