Il est 21h30 et c’est mon 5ème spectacle de cette folle journée d’Avignon ! J’aurais pu assister à une belle oeuvre. Un danseur, « chorégraphe » aujourd’hui, nous raconte sa vie, marquée dès l’enfance par la maladie et par le rêve de danser coûte que coûte. J’aurais pu assister à cette narration faite de beaux extraits de danse, de textes joliment ciselés, d’hommages pédagogiques aux chorégraphes rencontrés sur la route. J’aurais pu voir ce que les grands noms de la danse avaient transmis à Fabrice Dugied ; ce qu’il était en mesure aujourd’hui de transmettre. J’aurais pu m’émouvoir, rire, apprendre…J’aurais pu jouer à la déconstruction de ce lego autobiographique. J’aurais pu…

Désolé d’être aussi brutal : c’est l’une des œuvres chorégraphiques que j’aurais aimé ne pas voir. Je n’y avais pas ma place en tant que spectateur. Je n’avais jamais vu un chorégraphe s’attaquer à ces maîtres avec une telle agressivité, sortir son carnet d’adresses, faire preuve de tant d’orgueil. Tout est surfait dans ce spectacle, emprunté à la culture des night club gay (la danse sur la chanson de Léo Ferré fait sourire!). Le voir se jeter contre un matelas transformé en « mur » est un faux – semblant mais démontre à quel point ce spectacle autobiographique peut paraître illusoire si l’on n’y rentre pas. Seul le public des professionnels a rit puis applaudit.
Ce spectacle leur était manifestement destiné. Dans le milieu de la danse, on doit sûrement laver son linge sale en famille. Je suis triste d’avoir été dans ce lavomatic.

Le bilan des"Hivernales d’Avignon 2006" par le Tadorne!

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