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LES EXPOSITIONS

Respirez. Vous êtes à la Villa Noailles

Imaginez une dure journée de travail…Il fait chaud et vous ressentez le besoin de vous poser calmement, non pour réfléchir mais pour retrouver quelques sensations agréables alors que tout vous parait chaotique…

Vous êtes sur la route entre Saint Tropez et Hyères…Vous traversez la magnifique vallée de la Molle puis, arrivé à un col, vous descendez doucement sur Hyères. Sur votre autoradio, les mélodies enveloppantes de la  chanteuse Keren Ann vous accompagne …

Vous suivez les indications « Villa Noailles » et sans y prendre garde…vous arrivez au paradis…

 

Vous êtes accueilli par un personnel souriant qui semble manifestement disposé à vous faire passer un agréable moment comme le voulaient sûrement dans les années 20, Charles et Marie – Laure de Noailles (décédée en 1970)  en accueillant leurs hôtes. En effet, vous avez l’impression d’être leur invité en visitant l’exposition qui leur est consacré à partir de l’histoire de cette villa avant – gardiste.  En visitant ses différentes pièces , vous ressentez sûrement l’âme de  ce lieu et l’incroyable modernisme de l’architecte Robert Mallet Stevens.

   

Vous êtes troublé par le « Salon Rose », intrigué par les deux salles à manger et vous ressentez à la fois l’esprit des années folles et une profonde quiétude lorsque vous êtes dans les salles voûtées ! Et comme c’est un lieu culturel, vous avez tout le loisir d’apprendre l’histoire de l’architecture avant – gardiste hollandaise qui a tant inspirée le couple Noailles.

Vous quittez cette première exposition apaisé et vous êtes prêt à vous immerger dans le 21ème siècle à travers la deuxième exposition consacrée à la designer néerlandaise Hella Jongerius . En vous dirigeant vers la  piscine intérieure des Noailles, vous avez la sensation de marcher sur l’eau tout en admirant  les couvertures « couper / coller » de Hella Jongerius ; après cette mise en forme, vous vous dirigez vers la salle de squash, où posé sur des étagères (comme à Ikea !), vous avez toute latitude pour admirer de très prés les différentes créations de cette designer capable de coudre sur de la porcelaine !

 

   

Puis avant de partir, vous allez au Gymnase (décidément, les Noailles avaient le goût de la mise en forme) pour vous détendre sur un fauteuil à même le sol afin de regarder les explications de Hella Jongerius sur son processus de création. Après 25 minutes de relaxation, vous quittez le premier étage non sans avoir jeté un coup d’œil à une magnifique pièce sur votre gauche où sont suspendus d’étranges luminaires…qui vous hypnotisent (à découvrir sur le magnifique site internet).

Vous êtes prêt à partir mais le personnel d’accueil est décidément adorable. Vous en profitez pour échanger vos sensations, vous inscrire pour re

cevoir les actualités de la Villa et vous partez avec la création  d’un jeune designer, David Dubois,  soutenu par « La Villa Noailles » (il vous en coûtera 45 euros pour cet objet unique en son genre…a découvrir sur le site internet du  distributeur).

 

Il est presque vingt heures mais nous n’avez pas envie de partir…Vous quittez tout de même la Villa, non sans avoir demandé à un des guides de l’exposition, de vous ouvrir le jardin, fermé au public. Vous ressentez  le calme vous envahir.

En marchant sur le petit chemin qui vous mène au parking, vous remerciez interieurement le couple Noailles et leurs actuels ambassadeurs pour leur formidable innovation qui, presque un siècle après, vous redonne l’énergie de vos vingt ans.

Les deux expositions sont à voir jusqu’au 18 septembre 2005!

 
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LES EXPOSITIONS

Jan Fabre mal exposé en Avignon.

 

L’exposition « For intérieur » de Jan Fabre à la Maison Jean Vilar (vue lundi 18 juillet) ne parvient pas à provoquer un élan de générosité, un don de soi. Trop mégalo, son exposition ne parle finalement que de lui. Si le corps de l’homme est son sujet de création, il en omet toute la dimension psychologique, émotionnelle. Au final, une exposition vide de sens, où même la jeune fille qui nous sert de guide n’y croit plus, rêvant sûrement à d’autres performances….

A lire le bilan du Tadorne sur le festival d’Avignon 2005.

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FESTIVAL D'AVIGNON LES EXPOSITIONS PAS CONTENT

Festivalier perdu.

Il est 14h en ce samedi 15 juillet 2005 et les 37° degrés plombent la cité des Papes (même Benoît XVI??) ;  je me dirige péniblement vers l’Eglise des Célestins pour l’exposition de Jean Michel Bruyère et LFK « L’insulte faite au paysage…Fioretti de l’errance et de l’extermination ».Qu’écrire ?…Bon…Euh…En fait…Il fait noir puis…Non, …Des vidéos…des hommes noirs vivants debout derrière…un homme tout nu…Une femme allongée dans un trou…Un chien méchant….Au fond, un homme chien mime un chef d’orchestre…Il y a des bancs et…je m’endors…Je me réveille… Où est le propos ? De quoi s’agit-il ? Où est la piscine ?   …Non, ça c’était ce matin…Où se situe l’esthétique ? Comment peut-on réduire l’être humain à un objet d’exposition… ? Mais pourquoi donc le sens m’échappe-t-il ? Que m’arrive-t-il en cet été 2005 pour que le conceptuel me passe au dessus du tuba ?….Calmons-nous…Cette création est peut-être hors de ma portée…

Il est 16h en ce samedi 15 juillet et je me demande s’il ne serait pas mieux de louer une chambre d’hôtel et d’aller me coucher au frais…Je persiste à vouloir comprendre quelque chose…Direction le Cloître Saint Louis où un débat a lieu sur «Le spectacle vivant à la Télévision». Rien que le titre ferait mourir de rire notre ami Poutine…C’est pour dire…Le débat est d’un ennui…Cela ne m’étonne pas qu’il y ait si peu de spectacle vivant à la télévision avec de tels promoteurs…du spectacle mort – né !

Au bout de 20 minutes, je quitte le cloître avec l’impression de me noyer dans un océan de concepts et de bla – bla…

Pascal Bély – Le Tadorne