6h30. J’ai rêvé de spectacles toute la nuit : « Ciels», « Une fête pour Boris », « Ode maritime »…

Nous sommes les 13 juin, jour d’ouverture de la billetterie du Festival «In » d’Avignon, réservée exclusivement aux habitants du Grand Avignon. Mais j’habite Aix en Provence. Peu importe. La stratégie d’attaque est décidée depuis longtemps. Des amis autochtones feront la queue, ici au Cloître Saint Louis (siège du Festival), là-bas à la Fnac. Tous se sont levés tôt (certains à 4h du matin !) pour récupérer un ticket de passage numéroté afin que l’ordre numérique ébranle tout désordre possible. Nous achetons des places de spectacles par nombre : 2 pour Amos Gitaï, 4 pour le triptyque de Mouawad, 2 pour Jouanneau, 3 pour Hubert Colas, 2 pour Christophe Honoré… Une orgie théâtrale se prépare. Nous serons nombreux à festoyer !
Je navigue en électron libre entre les deux points, fiévreux de commentaires captés dans ces files d’attente.
9h30. Retour au Cloître. Ce lieu n’a pas encore retrouvé toute son effervescence festivalière.  Pourtant, un homme y aurait acquis 73 places! Le public fidèle du festival est là : Avignonnais, journalistes locaux, et passionnés. Une amie bout d’impatience depuis 7h30 avec son numéro 436. On annonce qu’il n’y a plus de place pour « Ciels ». De mon I-phone, j’appelle mon autre contact dans la file d’attente de la Fnac. Où en est-il ? Combien de personnes avant lui ? Le besoin de posséder ces tickets magiques, crée fébrilement le syndrome de la rareté. Il me faut, sans exception, toutes les places dont j’ai rêvé cette nuit.
Il me rassure. C’est son tour. Il les a toutes !  Je cours. Il me tend la pochette aux feuillets si précieux. Quel soulagement ! Mais je réalise que ce n’est que le « In ».
Il restera le Festival « Off » à conquérir. Il requiert un flair d’expert pour viser juste. Mille spectacles seront joués cette année. Une déferlante, un peu comme une rentrée littéraire où se nicherait le livre rare. Pour nous guider, un programme de 360 pages aux allures de catalogue qui finira par devenir la bible du festivalier. Mais comment s’y retrouver ? Dès les premiers jours, il est conseillé de privilégier les scènes avignonnaises ouvertes toute l’année (« Le Chêne Noir », « Le Théâtre des Halles », « Le Ring », …), les régions ou pays qui font leur festival (la Belgique au Théâtre des Doms, les Hivernales, la Champagne Ardenne à la Caserne des Pompiers, les Pays de Loire au Grenier à Sel,…) et quelques scènes de réputation (la Manufacture ou le festival CCAS à la Barthelasse). Puis, progressivement, être à l’écoute de ce qui se dit à la Maison du Off, lire la presse et se tenir informé grâce au Tadorne (sur son blog, sur Twitter et Facebook) Le blog de Martine Silber offrira également de bons tuyaux.

Demain, le Festival d’Avignon commence. Comme chaque année depuis dix ans, je verrais plus de 50 spectacles. De la folie du début, il ne restera que la sagesse. Celle des hommes, qui le temps d’un festival, baissent les armes pour repenser le monde. Serez-vous de ceux-là?

Pascal Bély

Diane Fonsegrive

Laurent Bourbousson.

www.festivalier.net

 

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