Il faut attendre 21h30 pour voir enfin Christophe Miossec monter sur la scène de l'Espace Julien, à Marseille, dans le cadre du Festival « Avec le temps ». Au commencement, je ressens ce concert comme une épreuve : titubant, Miossec s'accroche au porte – micro, à l'image d'une béquille. Il ne la lâchera plus jusqu'à la fin. Il chante au ras du sol, comme un enfant accroupi, jouant à construire et défaire ses châteaux de sable. Sa voix est couverte par des musiciens peu inspirés et habillée par des lumières aveuglantes, sans créativité. Quelques références à « l'eau impropre en Bretagne qui m'oblige à boire d'autres liquides » et « au nucléaire, concept communiste, puisque nous sauterons tous ensemble », viennent ponctuer ce tour de chant pathétique. Je me sens loin de ce chanteur qui m’a pourtant procuré une belle énergie vitale, avec son dernier album (l'Étreinte). À l'issue d'une heure quinze, la troupe part, en laissant le public marseillais sur la touche, un peu sonné par cet abandon. Miossec ne s'est jamais appuyé sur nous préférant se cantonner à sa petite scène, à son porte – micro qui lui résiste, à ses instruments qu'il jette à terre avec désinvolture.

  À la différence du spectacle vivant, les chanteurs se permettent un tel irrespect. Il y aura toujours un public et une presse pour trouver cela « rock and roll ». Miossec s'est éloigné de son art pour s'approcher de la déchéance. La décadence de Gainsbourg est loin.


Pascal Bély
www.festivalier.net


?????? Miossec en concert à l’Espace Julien de Marseille, le 24 mars 2007, dans le cadre du Festival « Avec le temps ».

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