La culture arrive donc à petits pas dans la campagne. Après l'interview de Ségolène Royal dans les Inrocks, c'est au tour d'ARTE d'interviewer les candidats dans le « Journal de la culture ». François Bayrou ouvre le bal. Fatigué et sans beaucoup d'inspiration, nous avons droit à quinze minutes assez ennuyeuses. L'homme aime l'écriture et nous rappelle qu'il a écrit sur Henri IV, car il « n’a pas assez d'imagination pour inventer lui-même des histoires ». Cela a le mérite d'être clair ! Pour ne pas faire oublier qu'il est anti système, il se déclare hostile au comité de soutien composé d'artistes, mais patine un peu pour expliquer le sens de cette position ! Dès le début de l'interview, Bayrou pose toujours le même cadre, quelque soit d'ailleurs les émissions : il ramène le sujet à une vision égocentrique pour l'élargir à une approche « extremo ? centrique » !

 

L'émission ne nous donne pas le projet culturel global du candidat. Si l'intention est acceptable (« Je veux une culture d'ouverture pour le plus grand nombre »), il reprend à son compte les propositions de Ségolène Royal pour pérenniser le régime des intermittents, pour repositionner l'enseignement artistique au c?ur de l'éducation, et pour encourager le patrimoine linguistique de la France. Pour le reste, deux propositions ont retenu mon attention :

 

Une loi programme sur le spectacle vivant. François Bayrou est inquiet du décalage entre les moyens alloués à la production et la diffusion des ?uvres. Combien d'entre elles ne sont diffusées qu'une ou deux fois alors qu'elles sont de qualité ? La réponse est à trouver du côté de la décentralisation et dans la recherche de nouveaux publics, mais nous n'en saurons pas plus?

 

La culture doit être au c?ur du lien social. Il propose que des jeunes artistes communiquent sur leurs créations lors du service civil qu'il nomme d'ailleurs « service humanitaire » dès qu'il s'articule à la culture. La voilà relayée au rayon des ?uvres charitables?

 

L'intervention de François Bayrou se conclut par une proposition (« car tout le monde la fait ») : la TVA à 5,5% pour les biens culturels. Mais il rappelle qu'il « n'aime pas faire des promesses financières en cette période de dette ». Cette phrase sonne comme un couperet: elle nous empêche de nous projeter et de finir sur une note d'ouverture. La politique de Bayrou est sûrement à trouver dans la structure de cette émission : l'homme n'a décidément pas beaucoup d'imagination pour inventer une nouvelle histoire de France.

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