"Le spectateur doit payer non pas pour consommer quelque chose mais pour travailler à définir son désir".
Jérôme Bel - Chorégraphe.
"Le spectateur doit payer non pas pour consommer quelque chose mais pour travailler à définir son désir".
Jérôme Bel - Chorégraphe.
Le lien fut très fort avec Olivier Py
(« Les vainqueurs »), Jean François SivadierLa mort de
Danton » (« ; « La vie de Galilée »), Jan Fabre (« L’empereur de la perte ») et Arne Sierens (« Marie éternelle
consolation »). J’etais en terrain connu (le théâtre) et pour chacun d’entre eux, c’etait un lien d’amitié, de reconnaissance, presque d’empathie avec ces metteurs en scène talentueux et
quatre acteurs magnifiques : Christophe Maltot, Nicolas Bouchaud, Dirk Roofthooft et Johan Heldenbergh. Ce fut quatre moments de théâtre où tous mes sens etaient en éveil, éblouis par tant
de talent, comme un enfant qui découvrait la première fois un numéro de cirque.
Il en fut tout autrement avec Thomas
Ostermeier (« Aneantis »), Roméo Castellucci (« B.≠03 Berlin » ; « B.≠04 Bruxelles »), William Forsythe You made me a monster ») et Jean Lambert-Wild (« My story is not a
loft »). («Dans ces quatre situations, point d’empathie mais un choc émotionnel. Entre les images métaphoriques de Castellucci sur les forces du mal, la parabole de la guerre en
Yougoslavie chez Ostermeier, l’évocation du cancer chez Forsythe, et le sadisme chez Lambert – Wild il y avait de quoi se sentir en souffrance. Certains spectateurs avaient du mal à
s’exprimer quand d’autres refuser de voir certaines évidences. Ces metteurs en scène ont quelque part changé mon regard au monde, m’ont aidé à repérer des processus universels et à travailler
mes résonances.
Avec Marina Abramovic (« The biography Remix » et « Brutal Education »), j’ose évoquer
le lien d’amour. Je ne connaissais pas cette artiste Serbe, encore moins ses performances et son histoire personnelle. Trés ému, j’ai trouvé chez cette artiste une force créative et vitale
incroyable. Cette rencontre sera mémorable. Et puis il y avait Mathilde Monnier. J’aime cette chorégraphe intimiste, exigeante et intelligente. Je l’avais rencontré au Théâtre de
Cavaillon où, après le spectacle (« Publique »), elle nous avez parlé à mots couverts de sa future création (« Frère et sœur »). J’etais persuadé que la Cour d’Honneur etait faite pour elle. Inutile de revenir sur son ratage. J’ai retrouvé ce
lien lors de « La place du singe » avec Christine Angot. Je ressentais la souffrance de Monnier, la détermination
d’Angot. Je les remercie de m’avoir aidé à voir la bourgeoisie autrement, loin des clichés véhiculés par certains idéologues. Ce fut un grand moment où la littérature a rencontrée la danse, où
la pluridisciplinarité tant voulue par la Direction du Festival a merveilleusement fonctionné.

Pascal Rambert (« After / Before ») a focalisé sur ce sujet toutes les aigreurs. Il y avait de
quoi ! Je continue à penser que cette création a fait basculer le festival vers la crise! Toujours dans cette catégorie, citons : Jacques Décuvellerie (« Anathème »), Jean –Michel Bruyère (« L’insulte faite au
paysage »), et Gisèle Vienne« Une belle enfant blonde » et « I Apologize »). Ces quatre auteurs ont
manipulés le public, l’ont disqualifié, en jouant avec les limites de l’acceptable (les poupées et le sado masochisme chez Vienne ; des êtres humains sujet d’exposition chez Bruyère).
Etait-il normal que je me sente si nul à la fin de ces specta (cles ?
Concernant le sentiment de manipulation, mention toute spéciale à la Direction du Festival. En programmant Jean-Louis Trintignant (Apollinaire), elle interdisait toute critique objective d’une prestation quelque peu ennuyeuse et sans autre intérêt artistique que de calmer les esprits.
Vos prises de bec