PAS CONTENT

Être spectateur de danse a été particulièrement difficile en 2012. Je ne reviens pas sur la disparition de l’art chorégraphique dans les théâtres de mon territoire (Aix – Marseille- Martigues), ni sur les deux festivals qui atomisent la danse, faute de projet de développement. Seule la création de Klap à Marseille sous l’impulsion de son directeur, Michel Kelemenis, a donné l’outil de travail dont les artistes avaient besoin. Peu à peu, Klap s’impose comme un lieu incontournable. Nul doute que les chorégraphes reviendront à Marseille. Mais… lire la suite

« Clôture de l’amour » de Pascal Rambert part en tournée. Le rôle principal sera occupé par Stanislas Nordey, »acteur institutionnalisé » qui sera l’artiste associé du prochain Festival d’Avignon .
Indication pour la lecture de cet article : prière d’adopter un débit ferme et sans appel comme lors d’une rupture où il n’y aucune place à la négociation. Les mots en MAJUSCULE signent un haussement de ton. Cette critique est définitive.

De nouveau, un grand décor blanc.
Comme dans « Mademoiselle Julie» par Fréderic Fisbach… lire la suite

Les spectateurs sont quasiment tous debout. Je suis assis. Encerclé. Seul. Je veux quitter ce théâtre. Impossible. Il faut attendre que cela finisse. Le public délire. J’aurais pu être avec lui. Mais ce que je viens de voir est au-delà de moi. Ce n’est pas scandaleux sauf que je n’en suis plus là dans mon rapport à la danse.

Pina Bausch a disparu le 30 juin 2009. Ce fut un jour funeste. Depuis, j’ai croisé la compagnie à Monaco avec «Café Müller» et «Le sacre du… lire la suite

On devrait pouvoir évaluer festivals et lieux culturels sur leur politique d’accueil. On s’apercevrait que certains sont tout juste du niveau d’une Sécurité Sociale des années quatre-vingt.

Je travaille depuis six heures du matin. J’ai eu une longue journée où j’ai animé un séminaire important. Il est 20h15 et je décide de me rendre au festival DANSEM à Marseille, soit 30 minutes de route pour assister la dernière création de Manon Avram et Thierry Escarmant, «Qu’avez-vous vu ?». Cette compagnie est soutenue par la DRAC PACA… lire la suite

Le marketing culturel a gagné. Insidieusement, il subordonne le qualitatif à l’audimat, à une rengaine qui résume à elle seule la pensée politique: «qu’importe la manière, l’important est de toucher le plus grand nombre» ; «si la venue d’une star doit faire venir du public, alors qu’importe qu’elle ne soit pas la meilleure», avons-nous lu sur Facebook à propos d’Emmanuelle Beart qui sera au Palais des Papes en juillet 2013.  Ce marketing s’est inspiré des codes de la communication télévisuelle pour soumettre les… lire la suite

Entre présentations de saison et bilans de festival, le cérémonial est immuable. Directrices et directeurs d’institutions culturelles se mettent en scène pour créer le «dialogue» avec les spectateurs. En général, le décor est spartiate (chaises-table pour les plus réservés, canapés et table-basse pour les plus audacieux) tandis que la scénographie est le plus souvent inspirée d’un séminaire pour managers fatigués. Les cas sont rares où ce dialogue est mis en scène au profit d’une célébration de l’art vivant, d’une valorisation de la parole du spectateur. Depuis quelques années, je fuis… lire la suite

«Notre printemps» du collectif «Das Plateau» s’achève et un vent glacial balaye le Théâtre des Bernardines à Marseille. Qu’ai-je donc vu pour être si loin alors que les sujets proposés (la maladie, la jeunesse, la mort) auraient pu me toucher?

Ce théâtre français là, qui se défini pluridisciplinaire, est une fois de plus incapable de positionner le corps au centre comme si la mise à distance des émotions pouvait tenir de propos (lire à ce sujet: Au Festival d’Avignon, l’inquiétante dérive d’un certain théâtre français ).… lire la suite

Dans un festival, il y a un petit plaisir que je ne me refuse jamais: faire dialoguer les oeuvres. En ce dimanche après-midi, la Biennale de la Danse de Lyon a l’excellente idée de programmer deux spectacles qui, en apparence, non aucun lien entre eux. En apparence?

Philippe Decouflé revient avec «Panorama», un best off de son parcours de plus de trente années de création. L’amphithéâtre de la Cité Internationale est une salle imposante avec ses 3000 places. Le rapport scène-salle est totalement détestable, mais amusant: le plateau… lire la suite

Au fur et à mesure des oeuvres qu’il programme, le spectateur est pétri d’influences qui peu à peu, construisent son «propos». Il lui arrive également de s’inclure dans une démarche de création partagée avec des artistes. Ainsi, progressivement,l’image du spectateur actif émerge dans notre société où la représentation de son positionnement est le plus souvent noyée dans la masse uniforme de la jauge ou de l’appellation générique de «public».

À quelques heures de partir pour la Biennale de la Danse de Lyon, une vidéo postée sur mon mur Facebook… lire la suite

Quelles peuvent être les intentions d’une Biennale de la Danse d’inclure une oeuvre théâtrale dans sa programmation? Dans son éditorial, Dominique Hervieu, directrice, n’est pas avare de concepts lorsqu’elle promeut une «esthétique de la diversité» car «la danse est un art majeur qui influence aujourd’hui les autres arts» pour de «nouveaux horizons de la transdisciplinarité où le rapport au corps nourrit la dramaturgie« . Comprenne qui pourra. Ainsi, le metteur en scène David Bobée est-il invité à incarner ces intentions avec un… lire la suite