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  • : Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
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Mercredi 7 mars 2007 3 07 /03 /2007 17:22

« Swan Lake », revu et corrigé par le chorégraphe Andy de Groat clôture le Festival des Hivernales. Le public de l’Opéra d’Avignon est composé d’abonnés à cette vénérable institution et de fidèles du Festival. Autant dire que de part et d’autre, les attentes diffèrent à propos de ce classique de la danse. Tout au long de la représentation, Andy de Groat alimente ce clivage pour relier magistralement les deux clans pour un final époustouflant ! Écrit en 1982 pour « Danse à Aix », ce « Lac des cygnes » décapant n’a rien perdu de sa force. En effet, le spectateur s’attend à de la danse classique pour finalement être guidé vers d’autres formes artistiques. En ce sens, cette adaptation est intemporelle et assurément moderne.
Tout commence par une scène « classique » de danse, mais la vision se brouille par la voix de deux hommes et une femme assis de dos dans la fosse d’orchestre. Tout à la fois examinateurs et penseurs académiques, ils accompagnent la danse de leurs flots de paroles. La deuxième scène va ébranler ce bel équilibre quand trois danseurs, tout habillé de jaune et en short, marchent sur une musique disco, de long, en large, en travers, à l’image d’une foule dans un centre commercial. Nos trois « académiciens » montent sur scène pour la contourner, se prostrer, l’air consterné et finir par s’en exclure. Certains spectateurs commencent à siffler, à vouloir son « Lac des Cygnes ». Tout autour de moi, ce n’est que flot de paroles (« c’est quoi cette connerie ? ») : l’académisme est passé de la fosse d’orchestre à la fosse aux lions ! Pour calmer ce joli monde, trois cygnes parqués font leur apparition sur scène ! Jouissif.
C’est alors que le spectacle bascule, car le public est prêt à accueillir « Swan Lake" pour visualiser la figure du cygne dans toute sa complexité (moment inoubliable quand les corps deviennent des ailes). Andy de Groat rallie le public entre anciens et modernes en dépassant le clivage, en offrant à chacun la possibilité d’imaginer, de bousculer le mythe. Il y a dans « Swan Lake » une liberté qui finit par nous atteindre !
Alors que je quitte ma place, une dame me demande : « je vous ai vu rire, applaudir…Expliquez-moi la scène où ils sont en short jaune. ».
« Swan Lake » se poursuit. Les cygnes ne sont pas prêts de se cacher pour mourir.

Pascal Bély
www.festivalier.net


"Swan Lake" a été joué le 4 mars 2007 dans le cadre du Festival "Les Hivernales" en Avignon.

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