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  • : Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
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Lundi 26 février 2007 1 26 /02 /2007 10:02

Pour reprendre une expression chère à Savigny sur son blog, « on aurait aimé pouvoir en dire du bien ». « Holeulone » de Karine Ponties nous vient de Belgique. Aux Hivernales de l’an dernier, elle nous avait enchantés avec « Mi non Sabir », danse groupale décomplexée, poétique et drôle où Jaro Vinarsky, danseur thèque talentueux, avait ému. On le retrouve cette année au cœur de la démarche transdisciplinaire de Karine Pontiès au croisement de la chorégraphie, de la littérature et du film vidéo.
Le sujet est complexe, car il s’agit d’entrer dans « l’univers mental et psychique de Charlie, personnage principal du livre « Des fleurs pour Algermon » de Daniel Keyes ». Cela promet d’être un voyage dans le cerveau pour y déceler « les souvenirs réels et imaginaires, les accélérations et les ralentissements de la pensée, l’acuité et la confusion de ses perceptions », le tout mis en lumière par l’apparition d’un jumeau, semblable et insupportable ! La forme et le fond attirent, mais le résultat n’est pas à la hauteur des intentions affichées. Je ne suis pas accroché alors que tout aurait pu faire résonance. La vidéo n’est qu’un accessoire de décor qui brouille la vision plus qu’elle ne l’éclaire. La danse de ces deux « frères » est basée sur des emboîtements de corps répétitifs et lourds qui finissent par lasser. Karine Ponties applique au duo les règles du lien groupal qui avait fait le charme de « Mi non Sabir ». La relation symétrique entre ces deux hommes alourdit le propos et leurs tentatives d’être plus « féminins » ne sont pas crédibles.
Et pourtant, les jeux de lumière sont magnifiques, métaphore de nos parts d’ombres. La musique, au carrefour du rêve et de la réalité, accompagne agréablement le voyage, proche de l’univers du chorégraphe Joseph Nadj. Les liens avec la démarche psychanalytique sont visibles quand Karine Ponties tente de structurer l’inconscient comme un langage chorégraphique, visuel et musical.
J’aurais pu en dire du bien. Mais je suis resté à côté comme si les artistes invités pour ce projet avaient chacun apporté leur pierre à ce bel édifice sans qu’ils aient élaboré
ensemble un tout. Or, je suis sensible au tout. Plus que tout.

♥ "Holeulone" de Karine Ponties a été joué le 24 février 2007 lors du Festival "Les Hivernales d'Avignon".
Recommander - Voir les commentaires - Par Tadorne
- Publié dans : PLURIDISCIPLINARITE
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