Mercredi 18 octobre 2006
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Aix en Provence se dote enfin d’un Centre Chorégraphique National avec « Le Pavillon Noir », bâtiment de beton et de verre géré par les Ballets Preljocaj. Son
ouverture est prévue du 20 au 23 octobre 2006. Les Aixois vont pouvoir renouer avec la danse après la suppression controversée du
festival «Danse à Aix ». Les créations des Ballets Preljocaj seront visibles après avoir eu la fâcheuse tendance à faire le tour de la planète à partir des deniers des contribuables
aixois.
En m’abonnant en juin, j’ai posé un acte d’engagement et de confiance dans la programmation proposée. Depuis, j’ai reçu le
minutage des trois journées d’inauguration. Il m’a fallu du temps pour en comprendre la logique et la finalité. Un tableau est là pour nous aider à repérer toutes les subtilités de cette
programmation compliquée. Il y a de quoi s’y perdre : plus de quinze propositions réparties dans autant de créneaux horaires. Le gratin local, regional voir national de la danse est là.
Josette Baîz a vingt minutes pour danser un extrait de « Parade » , Georges Appaix, quatre minutes ( !) pour « Impromptu », David Colas vingt minutes pour « In Art
Mony ». J’arrête cette énumération linéaire et sans lien. Les Ballets Preljocaj, ne reculant devant aucune difficulté, présentent ces agapes dans des petits studios (quitte à faire des
cases, autant prévoir les quatre murs qui vont avec en espérant qu’ils ne soient pas en carton-pâte) d’une jauge de quarante places. Il faut bien sûr réserver et … c’est COMPLET ! Le préposé
au marketing téléphonique s’exclame : « C’est l’événement qui fait cela ! » Un événement ? Quel événement ? Des chorégraphes limités à jouer un morceau de leur
travail, un public réduit à la portion congrue ? Cette façon de concevoir la culture signe la toute-puissance d’une institution qui impose ses cases, la linéarité qui va avec et choisit la
communication publicitaire comme lien avec le public. La culture du Zapping fait son entrée dans le milieu de la danse. Mais il y a derrière cette programmation, un choix politique, plus
cynique : la multiplication de petits groupes de spectateurs est préférée à un spectacle d’ensemble sur la création chorégraphique actuelle (la soirée des Hivernales en février dernier est à l'antipode de cette conception); l’enfermement des chorégraphes dans des cases horaires
métaphore d’une précarité de moyens et de temps bien connue depuis la crise de 2003. Les Ballets Preljocaj sont en cohérence avec une société qui se précarise et se communautarise à partir des
lois imposées par le marketing publicitaire.
De béton et de
verre, le Pavillon Noir est solidement implanté. Du trottoir, nous observerons ces jolies cases s’illuminer. Eux dedans, nous dehors. Le verre sera toujours transparent et fragile. L’événement
est peut-être là.
Pascal Bély
www.festivalier.net
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Par Tadorne
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Publié dans : LES CHRONIQUES DU TADORNE
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