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  • : Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
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Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /2009 11:05

Sur la route des vacances, une halte aux RIP, comme on dit en Arles…

 

 

 

Paolo Nozolino

L’œil d’un certain Henri Cartier Bresson ? L’environnement y est beaucoup plus rude, plus métallique et ferré par sa contrainte sociale. L’espace d’une seconde, je retrouve la puissance du cliché Santa Clara pris en 1936 (photo de droite), où la force de l’image devient pieuse et biblique. C’est tout cela que l’on retrouve dans le travail de Paolo Nozolino. Et j’y ai cru à ce noir si noir, tellement sombre par le travail des nuances. A ces lignes acerbes et torturées, on se sent coupable de l’impuissance d’être sans pouvoir de changement. On croise alors l’enfer de la désolation si contemporaine de l’existence humaine. On tente modestement de s’inventer des couleurs pour lâcher les mots, ceux qui plaideront "non coupable" au verdict de Nozolino. Mais malgré la palette imaginée, on sort de l’exposition juste et vaincu par le cliché.

 

Martin Parr.                                                               

A chaque fois que l’on croise l’œil avisé de Martin Parr, revient éternellement la question : est-ce un montage ? Et force de constater qu’il a l’art de photographier, mais aussi d’être au bon moment, au bon endroit.

Du cliché absurde au fin, il présente ici la charge de la luxure, phénomène plus communément qualifié de « Bling bling »: de l’or en strass, pulsé de bulles de champagne. On idolâtre l’argent en l’étalant pour le faire exister. Le grotesque est la première mise. On adore renchérir. Plus on est riche, plus le burlesque nourrit. Plus on gagne, plus on joue. La réalité s’éloigne donc même pour celui qui regarde !

Au fur et à mesure que le photorama avance, on se sent comme adopté dans ce monde surfait de gens qui se veulent beaux, riches et passablement vivants. On ne rit pas, bien qu’au début l’envie d’exploser est là. À mesure que la photo défile, on réalise doucement la dérive du rien. Du clinquant, on glisse lentement dans l’horreur de n’être plus, malgré une apparence physique brillante. Il n’y a plus de pouvoir, car plus d’existence. Et la trace du vrai s’efface au profit de ce qui n’a jamais existé et ne le sera jamais, celui d’être simplement l’ombre de soi même.

Diane Fonsegrive - www.festivalier.net

 

Martin Parr et Paolo Nozolino sont exposés au Hall 15 – ancien entrepôt sncf - ateliers des forges jusqu'au 13 septembre 2009.

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