Vendredi 24 juillet 2009
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Seul sur la scène des Pénitents
Blancs, cheveux gominés, costume impeccable, il nous regarde sans sourciller. Il est légionnaire et son double se projette en direct dans une télévision décorée de ses apparats. Des micros sont
tendus comme autant de perches pour entendre de sa bouche les mots de l’écrivaine Sonia Chiambretto. En entrant, on est saisi par la beauté et la modernité du décor: la scénographie audacieuse
d’Hubert Colas met en relief le propos alors que le corps de l’acteur donne au texte des airs de musique militaire sur une partition d’opéra.
Manuel Vallade est exceptionnel. Son corps transpire à certains moments comme autant d’émotions refrénées qui s’immiscent dans
le texte. Il fait corps, à corps défendant, avec cet esprit de corps. Sa beauté nous renvoie au film “Beau travail” de Claire Denis qui avait su nous restituer l’atmosphère de la légion
à partir d’une chorégraphie endurante et sensuelle. En quarante minutes, se crée une alchimie faite de pureté, d’un engagement sans limites et d’une souffrance contenue. On ne le quitte pas des
yeux de peur que cet humain à l’état brut(e) ne tombe à terre.
Alors que les applaudissements se font chaleureux, “face au mur” (beau clin d’œil à un autre mise en scène d'Hubert Colas), des prénoms de toutes les nationalités se projettent sur son dos comme
un monument aux vivants. La terre patrie défile. Sublime.
Pascal Bély - www.festivalier.net
“Mon képi blanc” de Sonia Chiambretto par Hubert Colas au Festival d'Avignon jusqu'au 26 juillet 2009.
Vos prises de bec