Partager l'article ! Au Festival d'Avignon, François Chaignaud et Cecilia Bengolea, concepteurs cherchent chorégraphe.: François Chaignaud et Cecilia Bengolea sont ...
François Chaignaud et Cecilia Bengolea sont appréciés des Festivals. Après Uzès Danse où ils ont dernièrement présenté « Self and Others » d'Alain Buffard, ils seront à l'affiche de la 30ème édition de Montpellier Danse en 2010
(répondront-ils au souhait de son directeur, Jean-Paul Montanari qui, en les programmant ,souhaite renouveler la danse contemporaine ?). En attendant, ils doivent se contenter de la
« 25ème heure » lors du Festival d'Avignon, c'est-à-dire une programmation à minuit, à l'Ecole d'Art.
Ce couple avait déjà fait parler de lui en 2008 avec « Pâquerette » en faisant le plein d'audience à
Berlin et Paris ainsi que sur les blogs. Leurs « stratégies de pénétration » avaient pourtant provoqué un
débat un peu mou parmi les spectateurs et la critique, faute d'un propos suffisamment fort et lisible. Même si « l'introduction d'un godemiché ne fait pas encore une danse »,
j'avais applaudi leur audace. Leur deuxième proposition, « Sylphides », présentée ce soir, est un concept.
Saluons le projet novateur de ce duo qui se nomme « concepteur » plutôt que « chorégraphe », pour « fabriquer » de la danse. Si les mots
ont un sens, rendons hommage à cette autocritique.
Qu'attendre d'un concepteur si ce n'est qu'il nous propose des formes moins esthétisantes, porteuses de sens et de vision ? Or, « Sylphides » n'est qu'une
très belle esthétique du corps. Difficile donc d'évoquer ce concept sans entrer dans une description un peu laborieuse. Ici, le corps est aérien puis perd toutes ses articulations, avant de
devenir quasiment liquide. Par une étrange alchimie, il se transforme jusqu'à se métamorphoser en forme dansante sur un air de Madonna. L'ambiance est totalement mortifère (la série
« Six feet under » aurait-elle inspiré ?) et l'on sourit lorsque nos trois danseurs, en état de larve, cherchent une issue de secours. Le corps est dansé de
l'intérieur, mais il ne véhicule que sa propre image. C'est elle qui fait sens et confère au propos une pauvreté déconcertante. J'observe une « recherche », je recherche une
« poétique « et me voilà positionné comme évaluateur d'un concept (il en serait sûrement tout autrement dans un espace d'art contemporain). Conceptuellement,
« Sylphides » se regarde, mais sa programmation dans un festival qui nous a proposé en son temps les plus grands chorégraphes est en soi un aveu d'échec.
Cette esthétique a de quoi inquiéter au moment où le corps est traversé par la fureur du monde.
Pascal Bély - www.festivalier.net
Photo: ©Alain Monot.
Assister à ces 25eme heures, c'est se frotter à l'étonnement
Le premier jet
L'étape
Brut imprécis
Parfois ennuyeux
révoltant
Souvent étonnant
After hours du festival, où la fatigue se mêle à l'exitation nerveuse
Les attentes intellectuelles lèvent le drapeau blanc
La 25eme Heure est le lieux des spectateurs insomniaques
le laboratoire du festival
Attendre de cet After la grandeur d'une feu Baush, d'un Béjart-trompette, ou des amis flamands, c'est chercher au mauvais endroit.
Le jour où Sylphides sera présenté à à la Cour d'honneur du Palais des Papes, on aura peut-être raison de crier à l'arnaque
Peut-
ê-
tre
D'ici là, je crois que nous pouvons remercier les organisateurs d'oser programmer des formes de ce genre
Viva Forever