"Visa pour l'image" à Perpignan du 28 août au 12 septembre.
La Biennale de la Danse à Lyon du 4 septembre au 10 octobre 2010.
Le Festival ACTORAL à Marseille du 25 septembre au 13 octobre 2010.
Le Printemps de Septembre à Toulouse du 24 septembre au 17 octobre.
Le Festival d'Automne à Paris du 9 septembre au 31 décembre.
Nous avons enfin trouvé les mots bleus. Ils ont
arrêté le flot de paroles assourdissantes de ce festival. Jean-Quentin Châtelain s'avance vers nous, sur ce ponton métallique, vers cet océan de spectateurs prêt à vivre une expérience
poétique inoubliable. Le décor est en soi un poème. À peine les vers de Fernando Pessoa résonnent que son visage, bleu, illumine, tel un phare. Comme avec Maguy Marin dans « Description d'un combat », la lumière amplifie le sens, prend la parole, et rend mystérieux cette poésie
éclaireuse.
Cet homme est navire et nous devenons brume. Nous nous apprêtons à renaître, à nous plonger dans ce liquide amniotique de mots, fluidifiés par la voix de l'acteur dont le son rappelle la vague qui s'échoue. L'homme se tient droit pour puiser nos forces et nous emmener au large. Avec lui, nous retrouvons la vue des marins, nous ressentons l'air des pêcheurs, et entendons le bruit des bateaux alors que son râle traverse nos corps. Cet homme sur ce quai mélancolique nous dépossède de nos oripeaux, appareille avec nos désirs de voyages et nous accoste lentement par ses gestes doux pour qu'on apprivoise ses terres inconnues.
La mise en scène crée des archipels où sons et lumières prolongent la poésie de Pessoa : « tout se révèle multiple». Il faut toute l'ingéniosité,
voire la malice de Claude Régy (quand le son monte, nous sursautons ; quand la lumière baisse, nous plongeons) pour nous attacher à cet acteur tout en nous déplaçant : ici, le
dialogue est à deux, sinon rien. Car la mer charrie tant d'histoires et d'évolutions (de l'enfance à la mort, des bateaux à voiles au paquebot, de l'esclave à l'homme moderne,...) que
nous ne pouvons baisser pavillon.
Et nous voilà accrochés à cet acteur qui divague parce qu'un tel voyage n'arrive qu'une seule fois dans une vie.
« Ah, n'importe comment, n'importe où, s'en aller !
Prendre le large, au gré des flots, au gré du danger, au gré de la mer,
Partir vers le Lointain, partir vers le Dehors, vers la Distance Abstraite,
Indéfiniment, par les nuits mystérieuses et profondes,
Emporté, comme la poussière, par les vents, par les tempêtes !
Partir, partir, partir, partir une fois pour toutes !
Tout mon sang rage pour des ailes !
Tout mon corps se jette en avant !
Je grimpe à travers mon imagination en torrents !
Je me renverse, je rugis, je me précipite !...
Explosent en écume mes désirs
Et ma chair est un flot qui cogne contre les rochers ! »
Fernando Pessoa - « Ode Maritime ».
Pascal Bély - www.festivalier.net
"Ode maritime" de Fernando Pessoa mise en scène de Claude Régy, au Festival d'Avignon jusqu'au 25 juillet 2009 à 22h.
Photo: Pascal Victor.
voici les dates connues de la tournée: Du 19 janvier au 4 février 2010 à Strasbourg; du 9 au 11 février à Lorient;
du 8 au 20 mars au Théâtre de la ville à Paris; du 25 mars au 1er avril à Toulouse; du 6 au 9 avril à Montpellier; du 20 au 23 avril à Lille; du 27 au 29 avril à Belfort; du 4 au 7 mai à
Grenoble; du 19 au 21 mai à Reims.
Le projet du Tadorne pour
Marseille 2013

Vos prises de bec