Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 18:39

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« Le Tadorne » (Pascal Bély) a vu l'œuvre d'Amos GITAÏ en ouverture du festival. La presse écrite a eu le temps d'exprimer tout le mal qu'elle pensait de «La guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres » (à l'exception d'Armelle Heliot du Figaro) en pointant les insuffisances d'une mise en scène, sauvée par le charisme de Jeanne Moreau.

Pour sa première rencontre avec le public trois jours après la première, Amos GITAÏ arrive avec son équipe. Il est en retard, mais apparaît en force comme pour faire taire les critiques sur la suffisance de sa mise en scène. Le contexte d'une escalade symétrique semble posé !

Le public est invité à se livrer, à se positionner dans un pays où la parole est libre ; dégagé des contraintes du discours de l'expert. Amos Gitaï ajoute, d'un ton amusé, que nous ne sommes plus un « pays monarchique ». La colère s'exprime rapidement, pointant la pauvreté de la mise en scène. D'autres auraient souhaité plus de transparence de la part du Festival : pourquoi nommer « théâtre » ce qui n'est qu'une « lecture » ?

Le public apprend qu'Amos GITAÏ ne répond jamais aux critiques de la presse écrite. Pour lui,  les ressentis sont l'objet d'histoires individuelles et ce texte historique mérite cette mise en scène épurée. D'autres se questionnent sur les multiples langues entendues : pour Gitaï,  l'anglais symbolise le langage de l'empire contemporain. Point barre.  Il est avant tout un réalisateur et non un metteur en scène (sic). Il se montre agacé sur la distinction opérée par le public entre « lecture » et « théâtre ». L'emploi du tutoiement est alors perçu comme une position haute.

Comme médusé, le public apprend que la famille de Jack  Lang a fait pression pour regretter que Valérie Lang (la fille de l'ancien ministre) n'ait pas été retenue pour le rôle de Miriam. La monarchie, toujours elle, semble-t-il insinuer...

La tension baisse alors qu'un spectateur l'interroge pour demander comment le spectacle évoluera en fonction des lieux de la tournée. Il s'adaptera à  d'autres « extérieurs »  (Barcelone, Athènes, Istanbul)  mais évite soigneusement d'évoquer le Théâtre de L'Odéon à Paris.

Une archéologue, qui a travaillé sur des fouilles durant deux années à Jérusalem, échange alors avec Amos Gitaï puis trébuche sur un lapsus : "Dans votre film, "Les fils de lumière...".

Clap de fin.

Laurent Bourbousson. www.festivalier.net

 

Compte-rendu de la rencontre entre Amos Gitai et le public à l'Ecole d'Art en Avignon le 10 juillet 2009.


La critique du Tadorne: Au Festival d'Avignon, Amos Gitai fait son cinéma.

Photo:Christophe Raynaud de Lage.

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