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  • : Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
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"Visa pour l'image" à Perpignan du 28 août au 12 septembre.


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La Biennale de la Danse à Lyon du 4 septembre au 10 octobre 2010.


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Le Festival ACTORAL à Marseille du 25 septembre au 13 octobre 2010.


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Le Printemps de Septembre à Toulouse du 24 septembre au 17 octobre.


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Le Festival d'Automne à Paris du 9 septembre au 31 décembre.



Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /2009 22:46

Tout commence par une projection virtuelle sur You Tube ; là où tout se pose et se dépose. Comme un humus prêt à se dessécher ou se propager. Une photo nous glace : une femme portant un hidjab noir se baigne avec son mari. Un frisson parcourt le studio des Ursulines tandis que la chorégraphe et danseuse Héla Fattoumi pianote sur l'ordinateur dans un coin de la scène. Dans une deuxième vidéo, une femme nous propose un cours de maquillage. De ce tourbillon d'images, né un contexte complexe (les signes religieux dans nos sociétés démocratiques, globalisées et capitalistes) qu'un solo dansé époustouflant et caricatural va réduire. Ce paradoxe est au cœur de « Manta », création qui ne tardera pas à faire parler d'elle.

Comment la danse peut-elle nous aider à ressentir la vie d'une femme sous un hidjab ? Héla Fattoumi, après l'avoir acheté et porté, décide de « tenter un geste artistique à partir de ce vêtement ». Tel un laboratoire, la scène est le théâtre d'expériences où le corps est mis à mal, poussé à bout. Ce vêtement finit par être un objet de torture. L'accusation est à charge : ce voile transforme la femme en icône religieuse, proche d'un retour de la Vierge Marie, après avoir été exclue de nos sociétés modernes. La voilà peu à peu métamorphosée pour mieux se soumettre au désir animal de l'homme. Ainsi, « l'origine du monde » de Gustave Courbet devient un tableau macabre. Paradoxalement, ce voile rend le corps transparent (sublime moment de danse où Héla Fattoumi, en transe, est un squelette) et achève de recouvrir l'ensemble de la scène, comme si l'art se dérobait. Dans un geste de rage, l'artiste l'enlève, espère en la jeunesse et finit par nous proposer un discours féministe chanté par une Marianne affranchie, issue de la « diversité ».

 

La chorégraphe va jusqu'au bout de sa démonstration,  quasiment épuisée, à force d'accuser. On pourrait s'en offusquer s'il n'y avait son engagement à énoncer un propos politique sur le plateau. Il est vrai qu'il n'est pas de son ressort de faire de la politique. Mais le malaise persiste. En radicalisant sa danse et son discours, Héla Fattoumi perd son « geste artistique » au profit d'un exposé militant descendant et excluant. Et si sa danse était un voile posé sur le regard du spectateur autonome ?

Une société laïque se construit à partir du débat, en faisant le pari de la complexité. Que les programmateurs prennent leur responsabilité : « diffusez Manta (car c'est malgré tout une belle œuvre) et débattons ensuite ». Pour mettre un peu de poétique sur un sujet politique.

Nos théâtres en ont bien besoin.

Pascal Bély

www.festivalier.net



"Manta" d'Héla Fattoumi et Eric Lamoureux a été joué les 26 et 27 juin 09 dans le cadre du festival Montpellier Danse.

Photo: Eric Lamoureux.

 

 

Consulter la rubrique danse du site.

Héla Fattoumi et Eric Lamoureux sur le Tadorne:

 

Montpellier Danse 09 sur le Tadorne:

A l’origine, Bouchra Ouizguen.

A Montpellier Danse, le terrain vague bling bling de Blanca Li.

Les femmes passerelles d’Herman Diephuis à Montpellier Danse.

A Montpellier Danse, le corps papyrus d’Angelin Preljocaj.

A Montpellier Danse, Israel Galván : nous surmonterons...

À Montpellier Danse, quand on arrive en ville...

Raimund Hoghe et Faustin Linyekula jettent leurs cailloux sur Montpellier Danse.

 

 

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