Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 16:05

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Blanca Li peut être fière d'elle. Le Corum de Montpellier lui fait un triomphe. Mes voisins  se lèvent pour une standing ovation.  Autour de moi, nous sommes quelques-uns à ne pas croire à ce mirage : la danse soulève une foule.

Blanca Li ne manque pas d'inspiration au sujet du tableau « le jardin des délices » de Jérôme Bosch. L'enfer, c'est le téléphone portable. Fallait y penser. Le paradis, ce sont les fraises qui nous rendent gagas à l'image du « gnangnan » qui structurent bien des discours. L'enfer dans le paradis (et inversement), ce sont les hommes avec leur gros paquet et les femmes avec leur gros seins et gros cul. Finalement, entre gros cons, tout le monde finit par s'entendre. Mais à force de grossir le trait, ce jardin finit par n'être qu'une éjaculation précoce, un monticule de déchets et de bêtises que l'on subit à longueur de discussions attrapées au vol dans les bus, les restaurants, à la télévision. On rit parfois de son culot (au Corum, au cœur d'un festival presque trentenaire, les spectateurs des cinq premiers rangs osent le rire machiste) et de son toupet: « poussez-vous là que je m'y mette ». Blanca est omniprésente et sa troupe fait penser à des danseurs du Moulin Rouge qui lui feraient une haie d'honneur.

 


Ce jardin est à l'image du pays : la vulgarité est tendance, dans le coup, dans l'action. En ces temps de crise, on ne va quand même pas stimuler l'intelligence du spectateur. On est ici pour rigoler. La culture du Fouquet's tarde à redescendre en région, mais on progresse. On passe d'un tableau à un autre avec une telle rapidité que l'on commence à trouver le temps un peu long. Pour consoler les amateurs de danse, Blanca Li glisse quelques moments où l'on gesticule avec les pieds et les mains. Cela ne va pas plus loin. Le corps est juste un support publicitaire. Le plus insupportable c'est que cela ait pu me faire rire !

Sentant le boulet venir, Blanca Li fait défiler Sarkozy et Carla. Le public applaudit et je ne sais plus où regarder. Ce serait presque pour s'excuser de la vacuité de son propos et se rassurer. Le Parti Socialiste ne va pas tarder à en faire son égérie.

 


Mais dans ce jardin occupé le temps d'une soirée par des squatteurs, il y a un miracle. Derrière. Tout au fond. C'est un film. Celui d'Eve Ramboz. Superbe. On ne voit que lui. Il est un tableau dans le tableau. Cette mise en abyme enchante, émerveille. Le film est une danse. Tout le reste, sur scène, devant, n'est que gesticulations. Cela ne vous rappelle-t-il rien ?

Mais qu'importe. Quelques heures auparavant, aux Ursulines, un chant d'amour propulsait la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen. Dans son jardin des délices, Dominique Bagouet y dansait toujours.

Pascal Bély

www.festivalier.net

 

"Le jardin des délices" de Blanca Li a été joué les 19 et 20 juin au Corum dans le cadre du Festival Montpellier Danse.

 

 

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Montpellier Danse 09 sur le Tadorne:

A l’origine, Bouchra Ouizguen.

Les femmes passerelles d’Herman Diephuis à Montpellier Danse.

A Montpellier Danse, Israel Galván : nous surmonterons...

A Montpellier Danse, le corps papyrus d’Angelin Preljocaj.

À Montpellier Danse, quand on arrive en ville...

Raimund Hoghe et Faustin Linyekula jettent leurs cailloux sur Montpellier Danse.

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Commentaires

Allez, Pascal, tu en reprendras bien encore un peu dans la série "faisons n'importe quoi et rigolons un bon coup (pouet ! pouet!) " :
http://www.youtube.com/watch?v=4Snuy-JRJu0&eurl=http%3A%2F%2Fwww%2Eblancali%2Efr%2F&feature=player_embedded
Commentaire n°1 posté par Laurent le 22/06/2009 à 16h58
Soirée orgiaque en définitive cher Tadorne, l'ambiguité est de mise au royaume de Dionysos, la farce et le rire gras sont salvateurs, à ne pas dénigrer, moins vulgaires qu'il n'y paraît, dans l'attente d'autres jours et en l'absence de résolutions alternatives construites, après l'éruption écologique, le vertige de l'oubli pour mieux transcender le brouillage des repères anciens. Tout est pénétré en ces jours par le mélange des corps gras, qu'ils soient politiques ou artistiques. Sentiment étrange que de percevoir que l'auteur du billet oscille entre le trouble et la rage. Il viendra d'autres aurores après ces orages.
Commentaire n°2 posté par Christian+Mayeur le 23/06/2009 à 22h32
Mais absolument cher Christian! Je constate que l'ambiguïté de mon propos ne vous aura pas échappé. Mon cerveau droit a ri et mon cerveau gauche a détesté; je n'ai cessé d'être dans un paradoxe. Je pourrais même faire un article à l'envers mais vu que le public est unanime, je me suis rangé vers la crtitique, bien seule en ce moment
Il y a en a un qui a aimé; c'est ici
Et puis il y a eu Bouchra deux heures avant; cela n'aide pas à aller dans l'orgiaque!!
amitiés
pascal
Commentaire n°3 posté par le tadorne le 23/06/2009 à 22h45

Vous voici de bien belle humeur, Messire Pascal, pourfendant les consensus béats et travaillant au corps le paradoxe, jusqu'à ce qu'émerge sans nul doute un jour prochain, si nous unissons nos forces, un mouvement d'ensemble créateur !

Commentaire n°4 posté par Christian Mayeur le 23/06/2009 à 22h52

Mon rire a éclaté, et il me déplait qu’il soit qualifié de « gras ».

 

J’ai noté aussi la présence de Bianca Li parmi les danseurs. « Comment travaille-t-elle avec eux ? Comment travaillent-ils avec elle ? «  me suis-je demandé.
 

Mais ce que j’ai retenu, ce qui m’accompagne encore, c’est l’autre côté du miroir : « Le jardin des délices, une représentation de Jérôme Bosch »

 

Pas de personnages, pas d’individus. Pas des danseurs, ni des artistes.

Des organismes, des entités ; des créatures ; dénuées d’affects. Des organismes sans âme et qui pourtant semblent avoir pour unique fonction le mouvement qui les animent. Ça se meut. Ça avance et recule dans le même mouvement. Prolongements de l’image de l’onde qui anime l’écran géant, des spécimens de genre inconnu sourdent de l’écran et se répandent sur scène. Conçus pour se déplacer, ils se meuvent. Cela n’a pas de sens, et pourtant cela est. Il ne peut qu’y avoir un démiurge, mais de quel côté du miroir ? In-conscients. A-temporels, ils fluent comme des corps…

Commentaire n°5 posté par Isabelle Flumian le 24/06/2009 à 14h43

Ecrire un commentaire - Par LE TADORNE - Publié dans : DANSE

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