Mardi 2 juin 2009 2 02 /06 /Juin /2009 17:02

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Après un premier article sur la dernière pièce d'Yves-Noël Genod jouée actuellement au Théâtre National de Chaillot (et sa réaction pour le moins surprenante de la part d'un homme de l'art), Elsa Gomis apporte sa contribution. A suivre...


Mimer une course à cheval sur un tuyau de canalisation,

Faire une glissade, nue, devant la scène,

Décrire une tentative de meurtre,

Cracher du Champagne,

Commander un kebab,

Clamer des vers d'Oncle Vania et de Roméo et Juliette,

Boire un Martini

S'apitoyer sur son sort

Enfiler une tête d'âne

Aspirer son visage avec un aspirateur

... 

Voici dans le désordre une liste de ces instants passés au Studio Théâtre de Chaillot, à contempler le travail d'Yves-Noël Guénod. 

Ainsi que la presse le définit ou plutôt, refuse de le définir, ce spectacle éponyme est inclassable. 

Style décousu. Apartés avec le public. Réflexions à haute voix des acteurs. Conversations off sur scène en début et fin de représentation. Inversion de la disposition acteurs / spectateurs à l'entracte.

Et pour finir, la bouteille de Champ tendue aux spectateurs.

Comme pour briser les conventions théâtrales... 

Plus généralement, dans cet inventaire à la Prévert que semble être la pièce, tel est sans doute la ligne directrice : être anticonformiste dans la forme. 

On reste souvent dérouté devant ces surprises scéniques et pourtant, on ne s'ennuie pas.

On reste parce que cette succession de provocations, de gags, de monologues incompréhensibles, fascine.

Assez étrangement, du rejet de toute continuité dans le récit, du bouleversement de la forme, naît le sens. 

N'allons pas plus loin, avec Yves Noël Guénod, la forme c'est le fond !

Alors nous restons, voyeurs, pour profiter de la performance.

Elsa Gomis - www.festivalier.net.

 

"Yves-Noël Genod" au Théâtre National de Chaillot à Paris jusqu'au 6 juin 2009.


Photo Patrick Berger. 
Felix M. Ott.

Yves-Noël Genod sur le Tadorne:

Au Festival Actoral, l’acte anal d’Yves-Noël Genod.

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Commentaires

Je l'ai trouvé très tendre ce spectacle et pas du tout hermétique. Simple, drôle, triste. C'est un spectacle fragile, de la belle fragilité qui rend certaines choses délicates et leur confère force et résistance.
J'ai beaucoup aimé l'affection qu'Yves-Noël Genod ressens pour ces personnages fracassés recollant leurs propres morceaux. L'affection qu'il nous témoigne dès notre arrivée et tout au long du spectacle en guidant notre regard, en le faisant s'attarder sur un geste, une attitude, un corps, un mot. Il y a beaucoup d'amour là dedans.
La galerie de figures fragiles qui s'en dégage me donne une lecture de l'époque, sur ce qui nous peine, nous fait sourire ou nous émeut. Sur les fragment de sens, de culture, de beauté, de poésie auxquels nous nous accrochons, dérisoires, pour continuer à rire, nous affirmer et nous aimer malgré un contexte fait pour nous séparer et nous réduire.
Pour moi ce spectacle déploie comme une protection, une sorte de peau : rien de plus fragile et pourtant rien de plus protecteur, rien de plus banal et pourtant rien de plus beau. Alors certains peuvent penser superficialité et boursouflure quand d'autres, comme moi, peuvent y lire surface de réparation, espace de cicatrisation des plaies. Oui, ce spectacle m'a fait du bien.
Commentaire n°1 posté par david bobee le 06/06/2009 à 14h44

Ecrire un commentaire - Par LE TADORNE - Publié dans : PLURIDISCIPLINARITE

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