Partager l'article ! Le jour le plus long d'Anne Teresa de Keersmaeker à Montpellier Danse.: Le Corum de Montpellier est un bâtiment imposant. La dernière création ...
Le Corum de Montpellier est un bâtiment imposant. La dernière création d’Anne Teresea de Keersmaeker
« D’un soir un jour » s’est moulée dans l’architecture de ce lieu dédié à la danse et aux orchestres symphoniques. Le résultat au bout d’une heure quarante est pour le moins
décevant.
« D’un soir un jour » n’a pas la hauteur, la légèreté de ses deux précédentes oeuvres « Raga for the Rainy Season (musique d’un raga indien) et
« A love supreme » en hommage au jazz. Les musiques de Debussy, de Sravinsky et de George Benjamin interprétées en direct par l'Orchestre National de Montpellier donnent à
cette journée des couleurs pâles, une ambiance de fin d’automne. Je m’ennuie à la limite de l’endormissement lors de la première partie. L’entracte me permet de reprendre de l’énergie et de me
rassurer avec quelques spectateurs (« Suis-je fatigué, ou bien est-ce cette création? »).
La deuxième partie est plus enlevée, mais la fin traîne en longueur. Je suis surpris de ne presque jamais entrer dans cet univers comme si la danse, en collant de si près à la musique, perd de sa
créativité, de sa puissance. J'ai parfois même l'impression que les danseurs attendent l'Orchestre! Il y a des passages d’un académisme troublant (comme si nous revenions à la danse de
ballet !) ; d’autres sont plus contemporains, mais le collectif ne porte pas, ne fait que passer. Il y a une désarticulation entre le groupe, les solos et les duos qui m’empêche d’être
porté par une dynamique d’ensemble. Il y a bien sûr, quelques moments de toute beauté (une danseuse, une table…une morgue à la fin. Sublime), et quelques clins d’œil amusants (une vidéo où des
joueurs miment une partie de tennis, perdent la balle que nous retrouvons sur scène. Jubilatoire). Mais «D’un soir un jour » est triste, conventionnelle. Le baiser entre deux hommes qu'une femme tente d'empêcher frôle le ridicule. La seule scène de liesse tombe à plat, comme un bon jeu de mots qui glacerait une table d’amis ! Le décor proche d’une friche
industrielle n’aide pas : la lumière vert pâle, les néons qui montent et descendent jusqu’à réduire cette scène immense à la portion congrue, limite la vision, empêche la danse et ne permet
pas d’échappatoires.
Je quitte le Corum désabusé. Les klaxons
de la rue m’agressent (la France vient de battre le Brésil). Je rêve d’une autre soirée, d’un autre jour. Avec pourquoi pas Anne Teresa de Keersmaeker accompagné d’un groupe de pop - rock ».
Je ne suis même plus sûr d’en avoir envie…
A lire la critique sur «Raga for the Rainy Season » et « Love
supreme » présentés au Festival de Marseille en juillet 2005.
Crédit photo : Hermann Sorgeloos
Je l'avais découverte par hasard sur deux ou trois spectacles. Pas facile d'y rentrer, mais après, évident. Et je la suis, depuis.
En m'installant, j'ai pensé "est-ce que l'on va gagner contre le Brésil, est-ce qu'elle va gagner avec Debussy et Stravinsky ?
Pour aller vite, je n'ai rien retrouvé, je ne sais même plus ce qui me plaisait tant dans sa danse.
La danse sur Prélude à l'après-midi d'un faune est on ne peut plus illustrative, on a l'impression de voir un faune et la musique de Debussy est mille fois plus abstraite que cette pauvre transposition.
J'ai entendu hier soir, au journal de 20h de France2, Anne Teresa parler de ce premier morceau et dire qu\\\'elle avait laissé les danseurs assez libres avec la musique.
Ouf, ce n'est donc pas du de Keersmaeker. Je plaisante.
Ensuite, j'ai trouvé les mouvements des danseurs convenus, sans magie. (J'imagine que la gestuelle des années 90 va devenir ringarde un jour dans la création contemporaine.)
Le choix de musiques différentes donne à penser qu'elle montre ces pièces, détachées. Elles ont l'air bien finies, comme pour entrer dans l'histoire. Comme si avant elle cherchait et que maintenant, elle étale.
En plus, j'ai lu une critique vraiment très bonne, je ne sais plus où.
Faire venir un orchestre aussi paraît bizarre. C'est bien dans l'idée, c'est mieux, tout est en direct, mais là, bon, ça n'ajoute rien, ça ne donne pas plus de présence.
Je sui parti à l'entracte à cause du match, j'ai vu la deuxième mi-temps, on a gagné.
J'aimerais bien que tu me répondes, j'ai l'impression d'être odieux, là. Mais c'est à la hauteur de ma déception, de ma passion précédente pour elle.
Ca peut revenir !
Avec un peu de recul, je ne vois toujours pas l'interêt de voir Emio Greco. Pour A.T.K, les avis sont plus partagés même si lors de mon sondage des spectateurs de Montpellier Danse, je n'ai pas ressenti un fort enthousiasme!
Par contre, ne rater sous aucun pretexte:
- "Erection" de Pierre Rigal.
- "Zero Degrees" de Sidi Larbi Cherkaoui.
- Benoît Lachambre avec "Lugares comunes".
A suivre pour les autres créations donc certaines sont programmées en Avignon.