Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 22:07

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1er novembre.
Déjà deux mois et je cherche toujours l'étincelle, le sursaut de créativité, la nouvelle forme, l'événement.
Deux mois et j'aspire à être bousculé, étonné.
Deux mois et j'attends de vous faire partager une émotion, mon engagement pour les artistes.
Deux mois et tout me paraît uniformisé, anesthésié.
Les théâtres et les Scènes Nationales dans la région PACA me semblent ne plus rien avoir à proposer. Les œuvres assurent la billetterie et rassurent en provoquant le consensus mou. Où est donc passée la prise de risque, la prise de position assumée ? Jamais une rentrée théâtrale ne m'est apparue aussi triste, sentiment accentué par la désertion de la danse de la majorité des programmations.
Alors, je me suis accroché. Au Festival marseillais ACTORAL d'Hubert Colas, l'un des rares metteurs en scène et directeur à assumer quelques prises de risques. J'ai suivi le début des « Rencontres à l'échelle » pour me rassurer qu'il se tramait quelque chose. J'ai fait le voyage jusqu'à Paris pour goûter au théâtre japonais et désirer que le projet de Pascal Rambert pour le Théâtre2Genevilliers puisse un jour s'exporter ici. J'ai rêvé de Marseille, capitale européenne de la culture en ...2013
Mais au final, l'ennui. Même mon activité de blogueur m'apparaît bien fade si je la compare à 2007. Je feuillette les programmations et l'envie ne vient pas. Il n'y a pas de projet. Dans un contexte de crise, l'absence de créativité des programmateurs est encore plus visible. Les structures se rassurent comme elles peuvent alors qu'elles se sentent menacées par un pouvoir méprisant. Quant aux spectateurs, nous sommes toujours peu sollicités, sauf quand la menace arrive pour signer des pétitions et alimenter le système en confortant des directeurs « aux pleins pouvoirs ».
Je m'accroche tout en fixant un agenda culturel décidément bien vide. J'écris pour poser un ressenti, tenter de le mettre à distance pour réanimer ma créativité et celle de mes lecteurs , décidément bien silencieux depuis deux mois aussi...

Pascal Bély - www.festivalier.net

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Commentaires

et encore Tadorne, vous n'êtes pas à Nice!! si vous saviez ici, c'est pire qu'ailleurs; vous n'auriez même pas un blog. poursuivez, perseverez; mais je vous l'avoue: la tonalité de vos articles est moins enthousiasmante depuis quelques temps;
courage
Commentaire n°1 posté par laurentdenice le 31/10/2008 à 23h55
Alors qu'est ce qu'il a notre Tadorne national ? Un coup de déprime ? Ca rrive à tout le monde et surtout aux meilleurs ! Surtout en ces temps de crises et de doutes à tout les niveaux. Bon gré mal gré il faut continuer ! Tes articles, coups de gueule et autres subjectivites nous revigorent !
Commentaire n°2 posté par amd et SK - fideles tadorneaux le 01/11/2008 à 10h30
ben,même ressenti que vous; on s'ennuie ferme; le plus drôle est d'etendre les directeurs de salle se plaindre de la baisse de fréquentation; pour eux c'est à cause de la crise; un peu facile; la remise en cause c'est pas pour aujourd'hui!
Commentaire n°3 posté par bachus le 01/11/2008 à 11h56
Pour se remotiver, extrait d'un courriel reçu récemment d'une artiste: "Ca me touche beaucoup de vous savoir présent à chacune de nos présentations, que ça vous ai plu encore cette fois c'est vraiment tant mieux !! C'est pour une poignée de personnes qui comme vous aime notre travail que je continue encore un peu à persévérer et à penser que je vais parvenir à continuer à vivre de ce super métier !! alors merci ! et à bientôt !!
Contre mistral et marées, continuons à écrire et partager!
Commentaire n°4 posté par guy le 01/11/2008 à 12h15
C'est peut-être le cholestérol ?
Pour ma part je trouve qu'il se fait encore une foultitude de choses en région parisienne, bien plus que je npourrai jamais en voir, et j'ai toujours (voire de plus en plus) plaisir à mettre la main à la pâte quand ça peut aider des compagnies et des artistes. Continuons de papillonner, de faire notre miel et de le proposer aux autres s'ils le veulent. S'ils n'en veulent pas, tant pis, nous nous en serons nourris nous-mêmes, c'est déjà bien.
Commentaire n°5 posté par Jérôme Delatour le 01/11/2008 à 22h24
je ressens un appauvrissement cette année dans mon périmétre (aix - marseille- avignon). Inquiétant.
Commentaire n°6 posté par le tadorne le 02/11/2008 à 22h57

C'est le changement de saison ?
C'est la pluie et le ciel gris ?
C'est Marseille, élue capitale cuturelle 2013 ?
C'est la dernière soupe à l'oignon qui a du mal à passer ???

Allez... Allez...
quelques ampoules de Lithium
quelques granules de Gelsémium...

Monsieur le Tadorne, j'attends avec impatience vos écrits !

Commentaire n°7 posté par cerise le 03/11/2008 à 10h55
Tadorne, faudrait pas flancher, c'est pas le moment;
De ma Bretagne, je vous lis avec gourmandise et envie. Vous m'énervez parfois mais j'aime votre engagement. Je ne retrouve pas ailleurs votre petite folie, vos partis pris, vos soutiens envers des artistes complétement inconnus et dont tout le monde se fout. Certes, la période est morose mais tenez bons. Il y a surement des créateurs qui comptent sur la blogosphère et certains théâtres seraient bien inspirés de vous encourager. Or, je n'ai jamais lu sur un seul blog, un seul commentaire de ces institutions toujours promptes à parler à la place du public.
où sont donc passé les "responsables de relations avec le public"? C'est maintenant qu'ils devraient relationner avec vous!
Allez, tenez- bon
Chantal de Qimper...
Commentaire n°8 posté par ChantalQ le 03/11/2008 à 15h50
Tu devrais faire tes adieux plus souvent, vu la chaleur des réactions et protestations qu'ils sucitent...Moi j'ose pas: si personne ne m'écrivait pour me retenir!
Commentaire n°9 posté par Guy le 04/11/2008 à 13h05
Quelle était l'intentionnalité de cet article? Poser un ressenti, par rapport à un contexte. C'est bien sûr subjectif mais les faits parlent aussi: l'agenda du Tadorne est vide! Dans cet article, j'ai tenté de questionner la créativité des programmateurs mais aussi d'interroger le poids du contexte actuel: et si la crise nous faisait regarder autrement ce que l'on accepter sans sourciller d'habitude?
Or, que lis-je? Que je serais déprimé, avec du cholestérol lié au changement de saison!  N'attendrais-je pas par hasard du réconfort de la part de mes lecteurs?
Très peu de commentaires ont évoqués le fond, c'est à dire la qualité des programmations actuelles. Etrange, non? A moins que tout cela ne soit qu'un vague ressenti, sans fondements, d'un spectateur en province.
A suivre donc mais je rassure tout le monde: faire le lien entre l"ennui et la dépression est un peu court. Le blog atteind peut-être là sa limite: le "je" devient pathologique :D
Pascal Bély
Commentaire n°10 posté par le tadorne le 04/11/2008 à 14h58
Guy ? Qui c'est ça, Guy ? Connais pas ;-)
Pascal, un peu de haruspicine : lisons dans les entrailles du tadorne.
Le rire cache parfois la gêne. La gêne, parce que, premièrement, je trouve exagérée ton analyse de la programmation actuelle et de la disparition de la danse, en tout cas là où je me situe (Paris). Parce que deuxièmement, si tu considères qu'il n'y a plus un spectacle valable, c'est à toi de résoudre une alternative personnelle : soit tu vires réac (c'était mieux avant, revenons-y), soit tu crées ce que tu ne trouves pas, ou plus, sur scène. Tu dois alors devenir davantage acteur - pas nécessairement comédien ou danseur, mais auteur ou programmateur. Si, malgré tout, certains spectacles trouvent grâce à tes yeux, crée un festival qui les rassemble et illustre tes idées, ta conception du spectacle vivant.
Pour ma part, je me satisfais encore de mon activité de critique et de photographe, et je vois encore des spectacles qui m'intéressent. Je n'augure pas de l'avenir.
Commentaire n°11 posté par Jérôme Delatour le 06/11/2008 à 13h31

Mais que se passe-t-il donc, mon cher ami ? Un coup de froid, ou bien l'effet vacances scolaires qui accompagne une trêve dans les programmations des théâtres et autres lieux à vocation culturelle ? Cette semaine, tout reprend timidement. Peut-être allons nous courir voir Tg Stan à Arles, ou bien La compagnie des Lucioles à Cavaillon ou alors rester chez soi à regarder Six feet Under ? C'est décidé, Cher Tadorne, il faut  se secouer. Barack est élu, un semblant de rassemblement sonne du côté du PS (j'ai bien dit semblant), et le soleil revient. Sortons et pressons nous dans les théâtres pour voir de quoi sera fait demain.

Commentaire n°12 posté par Laurent Bourbousson le 07/11/2008 à 18h13
Petite hibernation...Mais je partage votre sentiment sur le manque de créativité.Beaucoup d'inertie en ce moment.Quand on parle créativité on a l'impression d'être idéaliste;de ne pas parler le même langage.Les gens ne veulent plus rêver.
Je rêve toute seule à travers mes plaisirs propres:Je me suis régalée dans la diversité du festival du cinéma Méditéranéen,à Monpellier Danse lors d'un spectacle déjanté d'un couple espagnol.J'attends d'autres plaisirs :Claire Diterzi,François Rascalou,Preljocaj...Et tout ça à Monpellier!
Je reviens de Londres où je me suis régalée à la Modern Tate Galery.
jJattends décembre pour les belles expos Parisiennes.
Plaisir de la découverte et de puiser dans la créativité qui nous émerveille encore,nouvelle ou plus ancienne.
Et attendre des jours meilleurs et avoir confiance en l'avenir?
Commentaire n°13 posté par lefrere le 07/11/2008 à 19h08
après avoir passé trois ans formidables à madrid, mais sans trouver grand chose au théâtre,y compris à barcelone,  je constate qu'en ile d france, on n'a pas le temps de chômer. C'est pas tjrs bien,mais, ça existe. Bon d'accord faut svt aller traîner ses guêtres en banlieue ou sous la pluie, mais c'est pas si dur d'être curieux
Commentaire n°14 posté par martine silber le 15/11/2008 à 10h29
je tombe par hasard sur cet article. Il a été écrit en 2008 et annonçait la catastrophe de la rentrée théâtrale dans la région de marseille. Amis parisiens, venez ici en dehors de la période des festivals et vous verrez. On crève du clientelisme et de l'enfermement dans lequel se complaise les programmateurs. Monsieur Bély, votre blog est une découverte pour moi ce matin et il me fait du bien.
Je vois qu'un an après, vous n'avez rien perdu de votre capacité d'étonnement et d'indignation.
Zoé
Commentaire n°15 posté par zoé le 04/10/2009 à 09h36

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