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  • : Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
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Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /2008 13:16
Le festival « Tanz im August » à Berlin avait-il prévu un tel buzz en programmant Cecilia Bengolea et François Chaignaud avec « Pâquerette », danse pénétrante munie d'un godemichet ou d'un sex toy (à chacun d'apprécier) ? Toujours est-il que la presse berlinoise a largement relayé « l'événement », augmentant la frustration du public qui n'a pu trouver de place (deux représentations et une toute petite jauge à Tanzfabrik).
Est-ce un événement, une nouvelle approche du corps dansé, une révolution ? J'attends de ces deux explorateurs d'être bousculé et étonné. À l'issue des trente minutes, je quitte le lieu circonspect alors que des rires bien gras résonnent dans les allées. Je ne suis pas plus avancé : s'introduire un objet dans l'anus ne fait pas (encore) une danse.
Pourtant, le premier quart d'heure est prometteur. Habillés de longues robes aux motifs orientaux, nos deux danseurs, telles des statues religieuses, ne tardent pas à fissurer le ciment de nos représentations puritaines. Leurs corps s'étirent puis éructent : on les imagine pénétrés et toute l'intensité dramatique est là. La danse est à ce moment précis l'espace où nous projetons nos fantasmes, où notre imaginaire se nourrit de cette part de mystère (mais qu'il y a-t-il donc sous leurs robes ? Que suis-je finalement venu voir ?), où la relation entre les deux danseurs s'interpénètre.
Alors qu'ils quittent leurs habits, nous découvrons leur corps d'où surgit un sex toy transparent, telle une torche prête à s'enflammer. L'objet, dans l'anus, semble les bloquer dans une équation insoluble : comment danser le plaisir anal tout en prolongeant le mouvement ? La réponse ne vient pas malgré les efforts du couple à danser ce qui les unit.
Le corps n'est qu'une matière manipulée, où l'objet est incapable de s'immiscer ailleurs que dans un orifice. Alors qu'ils finissent pas se séparer de cet objet finalement très encombrant, ils tentent à nouveau la performance d'une danse « doigtée » qui n'apporte rien de plus.
Pour faire œuvre, « Pâquerette » devait transgresser certains codes de la danse. En introduisant le sex toy par des mouvements « classiques » de la danse contemporaine, François Chaignaud et Cecilia Bengolea ne change pas la forme (qui aurait pu véhiculer des valeurs différentes que la seule transgression).
L'anus introduit bien d'autres éléments (sociologiques, culturels, psychologiques) qu'un simple objet ne peut transcender.
La voie est donc ouverte pour créer le mouvement d'un dedans vers un dehors, pour qu'une muqueuse rendre poreuse les frontières. Alors que certains artistes s'intéressent à l'interaction homme - machine, rendons hommage à ces deux danseurs d'explorer les possibles de l'humain. 
Avec le temps, cette pâquerette mérite de s'introduire dans un joli bouquet.

Pascal Bély
www.festivalier.net


 ♥♥♥♥♥ « Pâquerette» de Cecilia Bengolea et François Chaignaud a été joué le 24 août 2008 dans le cadre du Festival "Tanz im August" à Berlin.


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François Chaignaud sur le Tadorne:
"
Je ne suis pas un artiste"

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Commentaires

Dans le dernier Cassandre (75, automne 2008, "La danse s'envoie en l'air", p. 90-93), Thomas Hahn est plus élogieux que toi, disant en substance que "cette pièce apporte beaucoup à la danse dans son dialogue avec le sexe puisqu'elle démontre que coder ne veut pas dire cacher". Et, pour faire bonne mesure, il dit aussi beaucoup de bien de Delgado-Fuchs tant apprécié de notre ami Guy.
Commentaire n°1 posté par JD le 21/10/2008 à 18h28

A lire la critique de Rosita Boiseau du Monde qui reprend mes arguments pour les étayer un peu plus.


Commentaire n°2 posté par pascal bely le 27/11/2008 à 15h40
vu au merlan, théâtre boboïsé des quartiers nord de marseille. Bof, pas de quoi me transcender. on etait plus un public voyeur que spectateur; vous évacuez cette question ; dommage
sandra
Commentaire n°3 posté par sandra le 02/04/2009 à 14h14
je n'évacue pas la question du voyeurisme mais je ne sais pas comment la traiter. Dans pas mal de cas, le spectateur ne pense qu'au sexe quand il va au théâtre et notamment voir de la danse. A lire l'article interessant de philippe Verrièle, déniché sur le net.
Pascal Bély
Commentaire n°4 posté par LE TADORNE le 04/04/2009 à 11h12
J'ai vu "Paquerettes" hier au theatre du Merlan. Que dire ? A part les premieres 15 minutes, tres intenses et qui m'ont vraiment secoue, ou on voit les expressions des deux danseurs passer du regard souriant aux spectateurs, a un regard dedaigneux genant parfois jusqu'a s'abandonner completement a une sorte d'agonie a deux. Les bruits et les yeux revulses sont ceux de l'agonie ! Dans le publique il y'en avait qui rigolaient a cet instant. ou bien il savaient que les danseurs etaient deja "equipes" ou bien il etaient genes par cet agonie en publique. La preformance avait de la "profondeur" jusqu'au moment ou les deux performeurs se retrouvent cul par dessus tete en exibant l'objet qui les penetre. Apres, pour moi c'etait un spectacle d'exibitionistes ou le public "voyeur" etait partage entre rires pour les plus genes et regard scruteurs vers les parties intimes des performeurs pour les autres !
Commentaire n°5 posté par smain le 04/04/2009 à 13h10
Oui Pascal, juste poser la question du voyeurisme, c'est mettre le doigt sur quelque chose d'important, mais sans rien encore expliquer ni conclure: le théatre est un art de montrer, le sexe est un sujet important, jusqu'où aller? 
Pour y voir plus clair, merci pour l'article de Vérrièle, surement pénétrant comme toujours.
Commentaire n°6 posté par guy le 05/04/2009 à 09h04
Bon... ben... que dire ???

Une fois que l'on enlève les godémichets et les "doigtés" des 2 protagonistes... que reste t'il ?? Pour moi, il ne reste pas grand chose de ce "spectacle" ? "performance" ? "étape de travail " ? "réflexion" ?
Commentaire n°7 posté par Cerise le 08/04/2009 à 16h58
tout simplement un essai plus ou moins reussi !
Commentaire n°8 posté par sexshop le 14/06/2009 à 22h23
effectivement, tout dépend où l'on met le curseur
Réponse de LE TADORNE le 15/06/2009 à 23h02

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