Mercredi 30 décembre 2009 3 30 /12 /Déc /2009 15:39

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Que de kilomètres parcourus pour approcher la diversité chorégraphique, ignorée de bien des programmations,  préférant peut-être le « confort » aux scènes turbulentes. Il y a en France des régions de « non danse » qui ne cessent de s’étendre: qui s’en émeut ? Pourquoi cet art généreux n’est-il réservé qu’aux grands festivals et villes importantes ? Ma question est-elle si naïve ?

« Description d’un combat » et « Turba » - Maguy Marin- Festival d’Avignon / Théâtre du Merlan (Marseille)/ Montpellier Danse.

« Un peu de tendresse, bordel de merde » - Dave St Pierre – Festival d’Avignon.

« Madame Plazza » Bouchra Ouizguen – Festival Montpellier Danse.

 « Ad Vitam »- Carlotta Sagna – Festival Reims Scènes d’Europe.

 « Sans titre » - Raimund Hoghe et Faustin Linyekula– Festival Montpellier Danse.

« Aléa » et « Viiiiite » - Michel Kelemenis –- Pavillon Noir (Aix en Provence)

« Le cri » - Nacera Belaza – Théâtre du Merlan (Marseille).

«  The song » - Anne Teresa de Keersmaeker - Théâtre de Nîmes.

« Pavlova 3’23 » - Mathilde Monnier – Montpellier Danse.

« El final de este estado de cosas, redux » - Israel Galvan – Festival Montpellier Danse.

 «Hava’nin a’si/ [a] of air » - Ayse Orhon – Festival DANSEM (Marseille) 

" Des témoins ordinaires » - Rachid Ouramdane – Festival d’Avignon.

«Chicos Mambos » - Philippe Lafeuille – Festival Off Avignon. 

"Correspondances" - Kettly Noël et Nelisiwe Xaba- Théâtre du Merlan (Marseille)

« Ciao Bella » - Herman Diephuis – Festival Montpellier Danse.

« not about Everything » - Daniel Linehan – Le Printemps de Septembre (Toulouse).

« Le funambule » - Angelin Preljocaj – Festival Montpellier Danse.

 


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En 2009, les chorégraphes y sont allés de leurs cris, de leurs colères, de leurs découvertes comme si rien ne pouvait entraver leur quête dans un contexte où la crise ne cesse de donner raison à la radicalité de leur recherche.

2009 fut l’année d’Anne Teresa de Keersmaeker  qui avec « The Song » nous a offert l’un des plus beaux manifestes sur les bruits du corps, mouvements du et des sens. Quant à  Mathilde Monnier, elle ne s’est toujours pas résolue à tomber dans la facilité comme l’a prouvé son  « Pavlova 3’23 »,  morts du cygne inoubliables, telle une renaissance, à l’image d’une danse contemporaine qui a tourné la page avec élégance après la disparition de Pina Bausch et de Merce Cunningham.  Même sous les bombes du Liban, avec une présence prodigieuse, le corps d’Israel Galvan a résonné avec « El final de este estado de cosas, redux ». Eux, ils sont venus du Canada et nous n’avons rien oublié de leur raffut ("Un peu de tendresse, bordel de merde") : les danseurs de Dave St Pierre (photo) ont réveillé notre envie de tendresse en mettant à nu nos relations perverses. Cette tendresse pour la danse a été joliment et drôlement révélée par Philippe Lafeuille : « Chicos Mambos » fut comme une « caresse et une bise à l’œil » à tous les amoureux de l’art de la fragilité.

En 2009, le corps est allé loin pour chercher de nouveaux territoires: en dansant comme une toupie, le jeune américain Daniel Linehan a creusé le mouvement pour nous atteindre. Nacera Belaza et sa sœur ont elles aussi tourné sur elles-mêmes pour sonder l’insondable. La Marocaine Bouchra Ouizguen a invité les « aïtas », danseuses courtisanes, pour revenir à la source du geste dansé. La Turque Ayse Orhon a puisé dans les irrigations de son corps sanguin pour donner du souffle à la musique tandis que le couple Raimund Hoghe et Faustin Linyekula nous offrait avec « sans titre », un territoire chorégraphique que nous n’avons pas encore fini d’explorer.

En 2009, les danseurs se sont emparés (enfin) des mots. Maguy Marin leur a redonné la parole dans « Description d’un combat » et « Turba ». Exceptionnel. Carlotta Sagna s’est avancée seule, vers nous, avec les mots d’une schizophrène en proie à notre folie. Même Angelin Preljocaj a osé, à 52 ans, remonter sur scène avec « le funambule » de Jean Genet. Quant à Rachid Ouramdane, ses « témoins ordinaires » (anciens torturés), ont bouleversé sans sensiblerie les spectateurs du Festival d’Avignon.

En 2009, la danse s’est acoquinée à la poésie. Avec provocation, tendresse et férocité à travers les « correspondances » croisées de Kettly Noël et Nelisiwe Waba. Avec créativité quand Herman Diephuis nous a proposé un « Ciao Bella » sur le désir transpirant des hommes pour les femmes ! Avec la profondeur du corps quand Michel Kelemenis a transformé le geste dansé en désir revendiqué du mouvement.

Pour 2010, parions sur une croissance chorégraphique capable d'irradier tout le pays.

Pascal Bélywww.festivalier.net

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