
♥♥♥♥♥♥ « Le sous-sol » de Peeping Tom a été joué le 25 avril 2008 au Pavillon Noir d'Aix en Provence dans le cadre de la
programmation des "Amis du Théâtre populaire".
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L’odeur qui nous saisit dès qu’on entre dans la salle est celle de la terre qui recouvre le plateau. Cette odeur forte et un peu étouffante nous met tout de suite en confrontation avec la matière sensible de cette pièce. Le sujet est la mort, ou plutôt l’existence après la mort. Mais oublions tout de suite la symbolique éthérée ou l’atmosphère lugubre. Ici, c’est de manière sensitive et humoristique que le thème est abordé.
Il y aura des règlements de compte et des jeux cruels dans cet espace où le rapport de force habituel ne signifie plus rien. Comme si l’abus d’autorité que s’octroyaient certains vivants sur d’autres était finalement inversé. Il s’agit d’entrer dans une galerie souterraine, dans le lieu des renversements, où la parole est débarrassée de ses conventions hypocrites. Où elle va droit au but.
Critique du site "les trois coups"
L’odeur qui nous saisit dès qu’on entre dans la salle est celle de la terre qui recouvre le plateau. Cette odeur forte et un peu étouffante nous met tout de suite en confrontation avec la matière sensible de cette pièce. Le sujet est la mort, ou plutôt l’existence après la mort. Mais oublions tout de suite la symbolique éthérée ou l’atmosphère lugubre. Ici, c’est de manière sensitive et humoristique que le thème est abordé.
Il y aura des règlements de compte et des jeux cruels dans cet espace où le rapport de force habituel ne signifie plus rien. Comme si l’abus d’autorité que s’octroyaient certains vivants sur d’autres était finalement inversé. Il s’agit d’entrer dans une galerie souterraine, dans le lieu des renversements, où la parole est débarrassée de ses conventions hypocrites. Où elle va droit au but.
Parmi l’ensemble des personnages, la vieille dame est particulièrement remarquable : tour à tour amante érotisée, petite fille capricieuse, nourrisson tétant le sein, puis redevenant tremblotante de vieillesse. Certains tableaux mettent mal à l’aise. D’ailleurs, l’esthétique d’ensemble est assez déstabilisante. Rien de joli ou de lisse, mais des corps étonnamment vivants, et qui se désirent avec rage.
Des corps qui, par ailleurs, se laissent voir dans leurs imperfections, leurs rides, leurs rondeurs… et il faut bien admettre que mort aura été rarement aussi charnelle. À travers cette imagerie iconoclaste, on remarque donc un réel parti pris de mise en scène. Un choix qui annonce que le beau n’est pas évident.
Certaines chorégraphies sont exécutées plusieurs fois, avec juste de légères variations. Le mouvement semble sous l’influence de ce lieu d’où il n’est pas possible de s’échapper. Les personnages s’enterrent, rampent, se cramponnent l’un à l’autre, sont réduits à des gestes obsessionnels.
Mais comment font-ils ? Pour réussir de telles prouesses physiques ? Pour être à la fois drôles et poétiques ? Absurdes et philosophiques ? Pour réussir à évoquer en si peu de temps les frustrations des corps, les déceptions, les régressions, la peur ?
Pour toutes ces questions qui m’ont assaillie en quittant la salle, je recommande ce spectacle. Je le recommande également si vous désirez être surpris. Si vous demandez au théâtre qu’il vous bouscule. Si l’électrochoc ne vous fait pas peur. Si vous aimez la beauté surréaliste : celle qui sera convulsive… ou ne sera pas. ¶
Aurore Krol
Yann.
Yann,
Merci pour votre commentaire, mais je me dois de vous préciser certains points. Vous évoquez "l'humeur", "la mélancolie". Je vous réponds: "résonance". En effet, voir une pièce sur la mort, "sous terre", n'est pas sans échos. Chacun a le droit d'y ressentir ce qu'il veut. Pour ma part, j'y ai vu mon pays. À un autre degré, "Le sous-sol" est le type de spectacle que je dénonce plus que tout, car il ne s'y passe rien malgré les belles apparences poétiques. À l'image de mon pays.
Vous évoquez faire "oeuvre critique", "déontologie". Mais, au cas où vous cela vous aurez oublié, je ne suis pas critique, mais un spectateur. Le blog est l'espace de rencontre entre l'art et le public en dehors de tout médiant. Je persiste à écrire que "Le sous-sol" n'est pas un bon spectacle. Il se trouve que ce soir-là, il s'est trouvé sur ma route, en même temps que le positionnement du Pavillon Noir et l'interview de cette adjointe à la culture.
Yann, tout n'est pas dans des cases. Les événements peuvent aussi se relier. Surtout quand l'art, la politique et le citoyen s'en mêlent.
Bien à vous
pascal