Carte d'identité

  • : Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
  • : 22/05/2005
  • Contact
  • Retour à la page d'accueil

Catégories

Le Tadorne migre vers...

 

 

visa.gif

"Visa pour l'image" à Perpignan du 28 août au 12 septembre.


lyon.png 

La Biennale de la Danse à Lyon du 4 septembre au 10 octobre 2010.


actoral.jpg

Le Festival ACTORAL à Marseille du 25 septembre au 13 octobre 2010.


hic_6_6.jpg 

Le Printemps de Septembre à Toulouse du 24 septembre au 17 octobre.


CouvProgramme2010.jpg 

Le Festival d'Automne à Paris du 9 septembre au 31 décembre.



Dimanche 30 mars 2008 7 30 /03 /2008 18:19

 


Peut-on confier le corps à n'importe qui, pour n'importe quoi ? « Elephant people » de Renaud Cojo est une oeuvre encore inclasssable. La liste des co-producteurs qui défilent sur l'écran est impressionnante (collectivités territoriales, scènes nationales, ministère, théâtre national, Adami, ...):

Comment expliquer cette union « sacrée » pour une œuvre aussi tragique sur la perte du sens ? Est-ce cela que l'on nous promet pour « démocratiser » le spectacle vivant ?  Et que penser de cette formule publicitaire idiote trouvée dans le programme du Théâtre du Merlan pour présenter le spectacle de ce soir :"...Allons à la rencontre du monstre, celui qui est en chacun de nous ! " Mais pour quoi nous parle -t-on comme cela?
À défaut de diffuser le travail des chorégraphes (ils ne sont sûrement pas assez marketing), il est plus rentable de promouvoir la « pluridisciplinarité », mélange d'un groupe rock (avec tubes à la clef pour vendre la bande-son à la sortie), de vidéo , de théâtre (avec texte poétique pour rassurer l'intello de « Télérama » et des « Inrocks »), d'une « star » déchue de la télé-réalité pour faire tendance  (ici, Vincent Mc Doom, ex « célébrité » de TF1).
Par paresse (sûrement calculée), Renaud Cojo plaque au monde contemporain (la télévision) un thème porteur, « les monstres », qui soulevaient les foules dans les foires d'antan. Dans le rôle de l'animateur « monstrueux », un clone de Jean-Luc Delarue fait défiler les « monstres » d'aujourd'hui si « chers » à son émission. Quelle trouvaille ! Le tout joué et filmé façon talk-show avec vue sur les coulisses. On agite le plateau comme une bouteille d'Orangina afin de créer du désordre, un zapping dilueur de sens où les comédiens ne sont que des pantins téléguidés. À ce rythme, nous n'avons plus qu'à nous laisser porter dans cette parodie où tout est si facile à décrypter (plus c'est gros, plus ça passe !). Le plateau, sans cesse manipulé, rarement transcendé, est ramené à la portion congrue, envahi par l'orchestre et les machines, ce qui a pour effet de réduire l'effort d'une mise en scène.
Renaud Cojo s'évite tout propos politique, préférant le limiter au lien « coupable »  que nous aurions à ces monstres exhibés en longueur de journée dans les émissions de télévision. C'est de la sociologie sur scène, là où on aimerait y voir de l'art.
Cette production permet de multiplier les financements, de rassurer les mécènes sur ses aspects métaphoriques et divertissants. Elle est donc pour l'instant en phase avec son époque : tout dans l'apparence, si peu dans la construction d'une pensée.
« Elephant people » est un spectacle « monstrueux » : que l'on ose appeler cela « théâtre » est une insulte à l'intelligence du spectateur.
Je mets le cap sur le KunstenFestivalDesArts de Bruxelles en mai. Pour oublier tout cela. Et ranger définitivement « Elephant people » dans des bocaux de formol des laboratoires des programmateurs français qui courent après la modernité sans jamais la précéder.


Pascal Bély
www.festivalier.net


♥♥♥♥♥♥ « Elephant people» de Renaud Cojo a été joué le 28 mars 2008 au Théâtre du Merlan de Marseille. Préférons le KunstenFestivalDesArts à Bruxelles du 9 au 31 mai 2007.


Revenir au sommaire Une vidéo du spectacle: ici
Consulter la rubrique Spectacles pluridisciplinaires.

 

Partager     - Voir les 20 commentaires - Par Tadorne
Ecrire un commentaire - Publié dans : PLURIDISCIPLINARITE
Retour à l'accueil

Related Posts with Thumbnails"Le spectateur doit payer non pas pour consommer quelque chose mais pour travailler à définir son désir".

Jérôme Bel - Chorégraphe.

Tadorne et Marseille 2013

 

Le projet du Tadorne pour Marseille 2013

Marseille-2013

Vos prises de bec

Les vidéos


Les syndications

  • Flux RSS des articles
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés