Mardi 12 février 2008
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Dans un décor froid, digne d'un film de science-fiction (sol et murs blancs, tubes en acier représentant la carcasse d'un vaisseau spatial), je suis hypnotisé par un cercle projeté sur
le mur.
Anne Lopez signe ici sa neuvième création et sait y faire, puisqu'elle
nous entraîne, et ce bien avant le début de cette odyssée, dans son univers.
Avec "Idiots mais rusés", titre certes énigmatique, les quatre "géonautes"
(sorte d'astronautes de l'existence, le préfixe geo signifiant terre), embarqués à bord de ce laboratoire-vaisseau, vont, durant une heure, nous donner à voir nos comportements. Il est
question de disséquer l'humain, ses stimuli, ses angoisses, ses joies, ses codes... Tout passe à la moulinette Lopez pour notre plus grand bonheur car il y a de la jubilation dans cette mise en
espace. Bien qu'il s'agisse d'un spectacle classé dans la boîte danse, il serait assez réducteur de le catégoriser
ainsi.
En trois tableaux, Anne Lopez fait émerger le rire et même,
lâchons-nous, des fous rires grâce à l'interprétation de ses cobayes (au passage, mention très spéciale pour Ghyslaine Gau). En effet, ils devront répondre aux consignes édictées par une voix
(celle d'un éminent Professeur de laboratoire, sans doute) sortie d'un petit haut parleur.
Tout commence avec l’apprentissage de l’apesanteur par le corps (les mouvements saccadés, l’énervement sont le témoignage de la naissance), puis la découverte
de la douleur (la scarification à l’honneur, des références à des films de série Z). Une fois grandis, nous passons à ces fameuses consignes de tout ordre (faîtes une danse
intelligente, vomissez vos cerveaux - y aurait-il du TF1 là-dessous ?- , soyez énergiques des coudes…). Mais trop de contraintes empêchent les
« géonautes » d’accomplir leurs travaux. Ne reste plus qu’ une seule solution : le massacre de cet ordonnateur d’ordres imagé par une blouse blanche.
On s’amuse et on rit, mais ce n’est pas le pays de Candy, juste une réalité brutale et abrupte qui
souligne combien la violence peut amuser. C’en est effrayant.
Le dernier
tableau, une pure merveille, croque avec bonheur notre société de communication. Reliés par des fils, issus des systèmes les plus sophistiqués (tout nous dépasse !), nos quatre rats de
laboratoire illustrent le problème du manque de compréhension ainsi que la sérialisation des cerveaux (magnifique interprétation de séries américaines). Ils réussiront à s’extraire à temps de
ce vaisseau avant son explosion (un futur big bang ?).
Ils sont
certes idiots, mais on nous avait dit qu’ils étaient rusés …
Laurent Bourbousson
www.festivalier.net
♥♥♥♥♥♥ "Idiots mais rusés" a été vu à L’Odéon (Nîmes) et sera repris au Chai Du Terral – Saint Jean
de Védas le Mardi 4 mars 2008 à 20h30.
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Par Laurent
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Publié dans : DANSE
Vos prises de bec