Partager l'article ! Geniève Sorin et son manège désenchanté.: Le Théâtre des Bernardines convie le public marseillais pour cinq représentations. « C ...
Le Théâtre des Bernardines convie le public marseillais pour cinq représentations.
« Cinq », la nouvelle chorégraphie de Geneviève Sorin est en haut de l’affiche. Quatre soli et un quartet final sont accompagnés par cinq morceaux d’accordéons joués par la
chorégraphe en personne. Ce chiffre décliné à l’infini est un repère pour s’accrocher et ne pas sombrer. Je compte les plans-séquences, je cherche le moment de poésie qui va me propulser au-delà
de ces solos sautillants, qui finissent par tourner sur eux-mêmes, comme des vieux manèges où les enfants décident de descendre, car le « pompon n’est jamais pour eux ». Tout
n’est qu’anodin et cela use ma corde sensible : il n’y a dans ce quotidien routinier rien que la danse puisse apporter. Même quand les mots viennent à son secours, les corps brassent et
lassent. Il est loin le temps où je m’ennuyais au théâtre. Ce n’est pas une sensation désagréable (on pense à tout et pour rien), on flotte sans vraiment couler, on scrute un détail (les touches
de l’accordéon) puis on se laisse distraire par le portable lumineux de la voisine.
Ils passent ici et là et lassent. Où sont donc ces danseurs pour être à ce point absents ? Sont-ils happés par l’accordéon qui les essouffle à mesure qu’ils s’écartent et se replient. Ils
sont cinq dans leur bulle ; il pourrait y neiger et nous chercherions à la secouer pour que cela soit joli. On y verrait bien débouler quelques danseurs et chorégraphes émergents de la scène
marseillaise qui transformeraient la neige en pluie pour nous éclabousser comme nous le faisions enfant, juste pour faire sale et emmerder le monde.
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Consulter la rubrique danse du site. Lire la critique sur "3/4 face" de Geneviève Sorin. |
il est aussi important que les sensibilités des artistes d'ici s'expriment y compris chez eux, non?
Pour revenir à l'oeuvre de Geneviève Sorin, force est de constater qu'elle n'a pas rencontré son public. Je suis quand même très etonné de constater à quel point les salles à Marseille sont à moitié vide dès qu'il s'agit de danse. J'y vois le signe d'une crise évidente: non renouvellement des chorégraphes, fragilité des structures, absence d'un festival de danse digne de ce nom, absence de pédagogie sur la danse vers les habitants...Pendant ce temps, les deux Centres Chorégraphiques Nationaux (le Pavillon Noir à Aix en Provence et celui dirigé par Frédéric Flamand à Marseille) semble s'isoler de la scène française et européenne, repliés sur eux-mêmes.