Mardi 15 janvier 2008 2 15 /01 /Jan /2008 22:43

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20070520-212740-1Web.jpg Le Théâtre des Bernardines convie le public marseillais pour cinq représentations. « Cinq », la nouvelle chorégraphie de Geneviève Sorin est en haut de l’affiche. Quatre soli et un quartet final sont accompagnés par cinq morceaux d’accordéons joués par la chorégraphe en personne. Ce chiffre décliné à l’infini est un repère pour s’accrocher et ne pas sombrer. Je compte les plans-séquences, je cherche le moment de poésie qui va me propulser au-delà de ces solos sautillants, qui finissent par tourner sur eux-mêmes, comme des vieux manèges où les enfants décident de descendre, car le « pompon n’est jamais pour eux ». Tout n’est qu’anodin et cela use ma corde sensible : il n’y a dans ce quotidien routinier rien que la danse puisse apporter. Même quand les mots viennent à son secours, les corps brassent et lassent. Il est loin le temps où je m’ennuyais au théâtre. Ce n’est pas une sensation désagréable (on pense à tout et pour rien), on flotte sans vraiment couler, on scrute un détail (les touches de l’accordéon) puis on se laisse distraire par le portable lumineux de la voisine.
Ils passent ici et là et lassent. Où sont donc ces danseurs pour être à ce point absents ? Sont-ils happés par l’accordéon qui les essouffle à mesure qu’ils s’écartent et se replient. Ils sont cinq dans leur bulle ; il pourrait y neiger et nous chercherions à la secouer pour que cela soit joli. On y verrait bien débouler quelques danseurs et chorégraphes émergents de la scène marseillaise qui transformeraient la neige en pluie pour nous éclabousser comme nous le faisions enfant, juste pour faire sale et emmerder le monde.

Pascal Bély
www.festivalier.net


♥♥♥♥♥ « Cinq» de Geneviève Sorin a été joué le 12 janvier 2008 au Théâtre des Bernardines à Marseille.
Crédit photo: Eric Boudet


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Lire la critique sur "3/4 face" de Geneviève Sorin.

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Commentaires

J'y etais aussi samedi soir. Ennui mortel! 5 soirs d'affilé, rien que ça! Les bernardines font dans le local. Est-ce bien raisonnable?
Commentaire n°1 posté par valerie le 16/01/2008 à 21h59
Je pense que la question n'est pas que G Sorin soit une artiste "locale"! la question c'est de savoir si elle rencontre un public, si quelque chose se passe .... etc....peu importe qu'elle arrive du bout de la rue ou du bout de la terre!C'est ce qu'un artiste a à dire comment il le dit et ce qu'il nous permet d'en faire qui est en jeu dans la rencontre public-équipe artistique!
il est aussi important que les sensibilités des artistes d'ici s'expriment y compris chez eux, non?
Commentaire n°2 posté par marijo le 17/01/2008 à 10h39
Une fois n'est pas coutume, monsieur Tadorne, je suis bien d'accord avec vous. Je n'ai pas réussi à rester captivé par la proposition de Geneviève Sorin. Cinq interprètes, quatre danseurs, tant de possibilités .. celle qui nous a été montré ne m'a pas franchement emballé. J'étais là aussi samedi soir bien que des amis ayant vu le spectacle la veille m'aient prévenu que peut-être je serais déçu ... ou énervé comme cette dame (la première) qui décide de quitter la salle au troisième solo, ou ces trois hommes qui lui emboîtent le pas au début du quatrième. Les costumes étaient sobres et la création lumière réussie, c'est dommage ... Je me désole aussi de lire "les Bernardines font dans le local" et j'abonde dans le sens de Marijo Certes, "nul n'est prophète en son pays" est un adage qu'on a tendance à suivre aveuglément mais il me semble que dans les créateurs "locaux" il y a des projets bien plus captivants qui justement ne trouvent pas toujours leur place dans les lieux de diffusion reconnus comme la Friche, Marseille Objectif danse ou les Bernardines. Si ça se trouve ce samedi soir là, dans un des petits lieux qui tentent de soutenir la création quelle qu'elle soit (locale ou non) il y avait une chose "locale" qui aurait eu sa place sur ce beau plateau de la Cartonnerie.
Commentaire n°3 posté par claude le 17/01/2008 à 16h06
Absolument d'accord avec Marie-Jo! En outre, les Bernardines ont plutôt une programmation ouverte sur l'Europe (cf. le festival "les informelles" qui a lieu en septembre et mai).
Pour revenir à l'oeuvre de Geneviève Sorin, force est de constater qu'elle n'a pas rencontré son public. Je suis quand même très etonné de constater à quel point les salles à Marseille sont à moitié vide dès qu'il s'agit de danse. J'y vois le signe d'une crise évidente: non renouvellement des chorégraphes, fragilité des structures, absence d'un festival de danse digne de ce nom, absence de pédagogie sur la danse vers les habitants...Pendant ce temps, les deux Centres Chorégraphiques Nationaux (le Pavillon Noir à Aix en Provence et celui dirigé par Frédéric Flamand à Marseille) semble s'isoler de la scène française et européenne, repliés sur eux-mêmes.
Commentaire n°4 posté par le tadorne le 17/01/2008 à 16h07

Ecrire un commentaire - Par Tadorne - Publié dans : DANSE

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