Souvenez-vous....Il y a un mois, le
metteur en scène argentin, Rodrigo Garcia se produisait au Théâtre du Rond-Point pour sa dernière création («Et balancez mes cendres sur Mickey »). La polémique a fait
rage dans les médias et sur ce blog quand on apprit que des intermittentes du spectacle acceptaient de se faire tondre la tête pour 200 euros. Le 18 octobre 2007 dans «Les Matins de France
Culture », le chroniqueur Alain Gérard Slama se faisait l’écho de cette polémique (« Les nouveaux esclaves »). Le 18 novembre,en présence du Directeur du Théâtre du Rond-Point (Jean-Michel Ribes), Slama
remet le couvert avec une nouvelle chronique (« Quelques considérations
sur la notion de dignité de la personne humaine »). La violence de l’échange entre les deux hommes me touche. Je publie à mon tour un billet qui provoqua un débat assez vif entre les lecteurs du Tadorne. Deux conceptions s’affrontent : ceux qui
voient dans cet acte une preuve supplémentaire du talent de Garcia, tandis que d’autres y décèlent une imposture, une manipulation politique !
Un internaute (Hugues) a écrit ce texte. Je le met en ligne. Loin d’être un commentaire, c’est un vrai point de vue, décalé, original. Le débat peut continuer…
Le plus affligeant avec cette polémique microcosmique c’est qu'on frappe d'irrecevabilité les arguments d'Alain-Gérard Slama sous prétexte qu'il est de droite.
Peut-on lui reprocher de défendre la dignité au travail, peut-on le blâmer de souhaiter, comme il l'a exprimé avec cet exemple, que les rapports entre salariés et patrons structurellement
défavorables aux premiers soient mieux régulés...par l'Etat ?
Malgré la symbolique inadaptée, moralement cela ne pose pas de problème, qu’on rase sur scène.
Mais on rase quasi gratis (200 € de cachet ! ) . Soit ces comédiennes sont prêtes à payer beaucoup de leur personne pour ce petit quart d’heure wharolien, soit elles ont vraiment
économiquement besoin de ce revenu. Dans ce cas, je trouve ces 200 misérables euros de cachetons indignes de Rodrigo Garcia et du Théâtre du Rond Point, même pour la bonne cause, à savoir
dénoncer la marchandisation généralisée et l’asservissement d’une partie de l’humanité à l’impitoyable marché…!
J’aurai préféré que Rodrigo Garcia fasse appel à des bonnes volontés bénévoles pleinement associées à son courageux dessein. Or, dans le cas présent, il s’agissait bel et bien d’une offre
d’emploi, parue sous forme d’annonce via l’ANPE. Mais comme ces personnes sont volontaires (« elle fait ce qu’elle veut avec ses cheveux ») il n’y aurait rien à dire.
Rien à faire certes, mais certainement beaucoup à dire…en attendant qu’un futur génie de l’hybridation des esthétiques nous propose l'équivalent de SNUFF MOVIES sur les planches. On
en trouvera toujours, des volontaires.
Mais peut-être vaut- il mieux, après avoir intellectuellement abandonné aux conservateurs postmodernes, « la valeur travail », l’écologie politique, l’Europe, la laïcité, et la
« pax romana » sociale, leur laisser aussi la défense fondamentale de la dignité humaine, du respect de l’intégrité physique et morale de nos congénères. De la sorte, après s’être
bouché le nez au moment de glisser nos quelques grammes de souveraineté dans l’urne, nous pourrons choisir les prochains bulletins les yeux bandés.
Hugues.
www.festivalier.net
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A lire sur "Un soir ou un autre", le compte-rendu
chez Mickey.
Les articles sur ce blog des oeuvres de Rodrigo Garcia:
VOS PRISES DE BEC