Les clignotants

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Vendredi 9 novembre 2007

Il doit être content. Le metteur en scène argentin Rodrigo Garcia fait l’actualité. Après le Festival d’Avignon 2007 où il nous avait proposé deux œuvres assez ternes (dont une carrément nulle), il récidive au Théâtre du Rond-Point à Paris avec « Et balancez mes cendres sur Mickey ».  Via l’ANPE spectacle, 15 comédiennes intermittentes viendront à tour de rôle se raser la tête sur scène pour 200 euros. Métaphore de la précarité, chacun peut voir justement dans ce geste le processus d’humiliation, de lente reconstruction, le parcours de l’artiste à l’ère de la Sarkozy triomphante. Comme toujours avec Garcia, son théâtre s’accompagne d’une dénonciation provocante, parfois créative. Il rencontre un public complaisant pour lui pardonner son travail souvent bâclé, à l’écriture aléatoire et au mépris affiché envers les spectateurs.
redim-proportionnel-photo.php.jpg N’a-t-il donc rien à proposer que de toujours dénoncer avec les mêmes recettes d’un système qu’il condamne ? Certes, elles lui assurent la médiatisation du landerneau culturel, mais après ? Que reste-t-il ?  C’est un théâtre du « toujours plus », où les acteurs sont assimilés à une marchandise. Rien n’est transcendé, bien au contraire. Son théâtre clive entre ceux qui ont tout compris (de gauche en général), et ceux qui ont tort de s’indigner (souvent de droite). Il fallait entendre l’autre matin sur France Culture, la suffisance et la toute-puissance de Jean-Michel Ribes (Directeur du Rond-Point) face au chroniqueur du Figaro, Alain-Gérard Slama.
Mais où est le débat ? Où est la proposition, celle qui nous aiderait à se projeter dans un monde de plus en plus illisible et incertain ? Où est la créativité, le dépassement des clivages ? Rien. Nous en restons au même point : la mauvaise pensée de la droite face à la bonne conscience de la gauche.
Je n’irais pas voir Rodrigo Garcia. J’ai besoin de perspectives. D’un regard ouvert vers le futur que nous avons à construire collectivement, et non pour se réfugier dans l’univers d’un artiste qui a tout intérêt à nous rendre claustrophobe.

Pascal Bély
www.festivalier.net
Crédit photo:
© Christian Berthelot

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A lire sur "Un soir ou un autre", le compte-rendu chez Mickey.

Les articles sur ce blog des oeuvres de Rodrigo Garcia:

Au Festival d’Avignon, la défiance envers Rodrigo Garcia.
Au Festival d’Avignon, Garcia se carbonise.
Rodrigo Garcia au Théâtre des Salins: attention produit périssable...
"L'histoire de Ronald, le clown de Mc Donald's" de Rodrigo Garcia : à voir, à éviter, à méditer...
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Commentaires

c'est vrai que JM Ribes avait un ton suffisant assez insupportable!
Commentaire n° 1 posté par marijo le 09/11/2007 à 14h57
Tu as bien raison Pascal, de te dispenser d'aller voir Mickey. 
Et raison de dire tes raisons: le plus remarquable est en effet qu'il n'est pas trés important de l'avoir vu ou non, pour en parler pertinement.
Commentaire n° 2 posté par guy le 09/11/2007 à 22h06
... & France Culture en a rajouté ce matin avec une chroniqueuse ou journaliste ou critique (pas fait attention à qui c'était) qui a dit qu'elle était partie avant la fin. Ils sont un peu schizo, chez France Culture : dans le même temps ils sont partenaires du spectacle de Garcia et n'arrêtent pas de faire sa pub. Au moins on pourra dire qu'ils respectent la pluralité des opinions.
J'ai vu un seul spectacle de Garcia je crois, ce devait être J'ai acheté une pelle en solde chez Ikea. Ce qui me gêne chez Garcia, c'est qu'il s'adresse à un public conquis d'avance par ses arguments et qu'il n'a jamais (sauf erreur de ma part) essuyé aucun procès de la part des multinationales qu'il prétend dénoncer. C'est dire si ses efforts sont vains. Au fond, c'est un peu comme quand on reproche au consommateur de produire trop de déchets, et qu'on lui demande d'en faire moins, comme s'il avait le loisir d'acheter ses yaourts sans emballage : n'est-ce pas plutôt l'emballeur qu'il faudrait convaincre ? Garcia devrait jouer pour les patrons du CAC 40, pas pour nous.
D'un autre côté, je comprends la réponse de Ribes. Afficher des idées réactionnaires est à la mode. Suggérer des censures est à la mode. Partout il ne s'agit plus d'inventer mais de revenir à ce qu'on faisait avant (OK, on dira que Garcia copie les performances des années 1960-1970, mais ce sera facile). Il faut lutter contre cela. Les filles qui se font raser la tête pour 200 euros, et alors si elles sont consentantes ? Par rapport aux concours de coiffure, je pense que c'est plutôt bien payé et pas de risque de ressortir avec la tignasse rose ou un damier sur le crâne. Affirmer que la dignité d'une femme réside dans la longueur de ses cheveux, n'est-ce pas aussi un peu réac ? Qu'on fasse témoigner les intermittentes que le preux chevalier Slama défend si courageusement (on a les héros qu'on mérite...) !
Commentaire n° 3 posté par JD le 09/11/2007 à 22h56

Je n'ai pas précisé dans l'article que je ne partageais pas du tout l'avis de Slama. Il est encore resté au théâtre d'après-guerre et semble ne pas avoir compris que le corps est un langage. Toutefois, j'ai ressenti de la douleur dans son analyse. Je pense sincèrement que la tonte d'une femme sur scène lui fait mal. Et ce n'était pas une raison pour le mépriser comme l'a fait Ribes.

Commentaire n° 4 posté par le tadorne le 09/11/2007 à 23h15
Le problême est  peut être que l'on continue quand même à en parler, c'est le piege!  Je viens de reflechir à voix haute là dessus sur scenes 2.0

P.S. : Quelqu'un connait il l'adresse du podcast de l'emission avec Ribes ?
Commentaire n° 5 posté par guy le 10/11/2007 à 09h25
Il n'y a pas de piège. L'image d'une femme rasée rouvre chez nous une meurtrissure très précise qui, de toute évidence, n'est pas tout à fait refermée. Il serait intéressant de savoir dans quel contexte Garcia a imaginé cette scène, qui de ce fait n'a pas les mêmes résonances chez nous et dans d'autres pays. Pensait-il à la France, ou n'est-ce qu'une fâcheuse coïncidence ?
En Allemagne, cette scène pourra rappeler la tonte des juifs dans les camps nazis. Il sera intéressant de voir comment réagissent les Allemands quans la pièce sera jouée chez eux.
Si la "provocation" de Garcia fait réfléchir sur notre paséé et notre avenir, elle a atteint son but, et il n'y a qu'à s'en réjouir.
Commentaire n° 6 posté par JD le 10/11/2007 à 18h48

C'est affreux: j'ai envie de répondre à JD...mais je ne veux plus parler de Rodrigo Garcia! Que faire!

Commentaire n° 7 posté par guy le 10/11/2007 à 18h54
Et je t'ai répondu aussi sur Scènes 2.0 ! En garde, Guy !
Cela dit je te comprends, les polémiques m'assomment et les polémiques autour de "provocations" d'artistes encore plus. En tout cas l'article du Figaro est intéressant, puisqu'il laisse parler une des malheureuses "intermittentes" sacrifiées sur l'autel de l'affreux Garcia. Comme on pouvait s'y attendre, elle est ravie de s'être faite complice de cet acte dégradant et ignoble (;-) qui lui a permis d'expérimenter une transformation de sa personne très connotée dans notre société.
Commentaire n° 8 posté par JD le 10/11/2007 à 19h28
Avez-vous lu l'article de Brigitte Salino dans "Le Monde"? Le vide sidéral.
Commentaire n° 9 posté par le tadorne le 10/11/2007 à 23h20
Je ne sais pas, ça ne me frappe pas. L'article du Monde et celui de Libération disent à peu près la même chose, et j'ai tendance à être entièrement d'accord avec Garcia : cette affaire de femme tondue est un absolu non-évènement. Cette obscure romancière comédienne qui, apparemment, a lancé la polémique, aura eu sa minute de gloire.
Commentaire n° 10 posté par JD le 11/11/2007 à 09h34
Ah pardon, je n'avais pas vu qu'il y avait un nouvel article en date du 10 novembre... Tu as raison, les blogueurs ont de beaux jours devant eux. On dirait le papier d'une étudiante. A fureter sur Google, je vois que Brigitte Salino traîne une croquignolette réputation :
http://www.mouvement.net/html/fiche.php?doc_to_load=4117
http://jean-steph.blog.lemonde.fr/2007/07/28/biobu-%E5%B1%8F%E9%A2%A8-les-paravents/
Commentaire n° 11 posté par JD le 11/11/2007 à 09h55
Citations: 
"C'est cela que les détracteurs de Garcia oublient : l'homme est auteur au même titre que metteur en scène. On ne peut dissocier les deux engagements, que la scène traduit avec, par moments, un désespoir proche de celui de Sarah Kane, et parfois avec une ironie à la Michel Houellebecq.Il faut lire Garcia (le texte est édité aux Solitaires intempestifs, 94 p., 12 €) " Brigitte Salino Le Monde

"C'est pour cette raison que j'écris toujours mal. De la mauvaise littérature. Car c'est ce qui convient au théatre." Rodrigo Garcia: feuille de salle du Rond Point
Si c'est lui qui le dit....
Commentaire n° 12 posté par GUY le 12/11/2007 à 10h42
Ca c'est drôle alors ! J'étais en train de lire quelques articles et divers blogs au sujet de cette polémiquette de cheveux, et je suis tombé sur vous ! Ca ne m'étonne pas trop de vous trouver au programme de cette flopée de propos bizarres sur Rodrigo Garcia. Mais...je me souviens de notre débat sur Yves Noel Genod puis de votre amour soudain de son travail, donc peut être aimerez vous le prochain Garcia (remarquez, vous n'avez pas vu celui en question...).
La performance (et ce qui s'en approche) c'est de la réalité, de la vraie vie, de l'instant, de la véracité. Rodrigo Garcia fait de la performance dans ses spectacles (ses acteurs). C'est une de ses forces. Ce spectacle il donne à penser, il est beau, il est violent. Toutes ces histoires de références historiques sont tellement vaines. On parle d'une coupe de cheveux! Et puis surtout, on parle de théâtre! Mais êtes vous tombés sur la tête ou bien quoi?
Commentaire n° 13 posté par J. le 14/11/2007 à 02h15
Ah oui! Je viens d'entendre Ribes (archives france culture du 8 novembre au matin, juste après la chronique de Slama)... Et il faut dire que ce qu'il dit est quand même assez juste...
Commentaire n° 14 posté par J. le 14/11/2007 à 02h54
Vous m'avez mal lu...Je n'ai rien contre cette tonte mais je m'étonne que l'on puisse encore s'extasier face au propos de GARCIA. Cela ne vou fatigue-t-il pas d'entendre toujours la même chose?
Commentaire n° 15 posté par le tadorne le 14/11/2007 à 06h36
C'est vrai vous ne vous arrêtez pas pendant quinze jours sur cette histoire de cheveux, rassurez vous d'autres le font pour vous! Mais je vous ai bien lu tout de même, et vous relancez cette histoire de figuration anpe dès la 2ieme ligne de votre article, alors ...
Et puis votre commentaire n°12 en parle: "Slama...Je pense sincèrement que la tonte d'une femme sur scène lui fait mal. Et ce n'était pas une raison pour le mépriser comme l'a fait Ribes." Avez vous entendu sa chronique? Elle est complètement absurde, digne des pires moments réactionnaires du Figaro. Et depuis quand si quelque chose d'un spectacle "vous fait mal" faudrait il le supprimer ? Ribes ne le méprise pas, il ne fait que défendre le droit de rodrigo garcia de continuer de travailler.
Et non, cela ne me fatigue pas d'entendre la même chose, quand c'est fait par Garcia, ce n'est jamais fatiguant me semble-til. Certes ses "thématiques" sont souvent similaires dans ses différents textes (quoique...) mais ce qu'ils deviennent sur le plateau est toujours un évènement. C'est ça pour moi aussi la performance, un évènement sur le plateau. Et ça fait parler dans les chaumières hein !? C'est marrant.
Et puis vous vous rendez compte de la dichotomie entre votre message assez bienveillant et votre article si violent?
C'est toujours interessant de vous lire, bien sur, mais par pitié arrêtez de mêler sarkozy à vos chroniques, comme si un spectacle était sarkozyste et un autre non etc... Laissez le où il est celui là, et le théâtre se portera bien. Lisez plutôt "de quoi sarkozy est il le nom", de alain badiou, mais arrêtez de mêler ce nom à vos chroniques c'est tellement énervant et hors de propos!
Une dernière chose. Vous n'aimez pas le travail de Garcia. Je l'aime. Voilà tout.
Commentaire n° 16 posté par J. le 14/11/2007 à 12h26
Le site de France Culture découpe la tranche matinale et ne reproduit pas l'altercation entre Ribes et Slama. Votre jugement ne tient pas compte de ce que de nombreuses personnes ont entendu. D'autre part, je vous invite sérieusement à revoir votre représentation de la performance: elle n'a strictement rien à voir avec de l'évenementiel, si cher à la société du divertissement. Enfin, pour finir, je suis désolé de vous infliger les liens que je peut être amené à faire avec la politique de Sarkozy mais il se trouve que quel'art m'aide à me défendre et à être un libre penseur. Il me semble que la culture éveille la conscience et permettez-moi de me sentir libre sur mon blog de faire tous les liens possibles. La France est aujourd'hui une nation séparatrice. Permettez-moi de rester entier.
Commentaire n° 17 posté par le tadorne le 14/11/2007 à 18h18
Bonsoir

Si si, vous pouvez bien trouver le "duel" Slama-Ribes sur le site de France Culture: http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/fiche.php?diffusion_id=57257
Cliquez sur "écouter" au dessu de la photo de Ribes.

Concernant la performance: je ne parle pas d'évènementiel; je parle d'évènement, au sens où quelque chose de réel se passe devant nous, et quand il s'agit de quelque chose de violent alors la performance a des vertus cathartiques. C'est ça le travail de Rodrigo Garcia.

En effet c'est votre liberté de faire sur votre blog tous les liens que vous souhaitez. Mais, et c'est là la dernière chose que j'avais oublié de vous dire: vous parlez de gauche et de droite dans votre article. Avez vous remarqué que Garcia est un auteur radicalement ancré à gauche, justement? C'est peut être ça aussi qui déplait aux gens de droite.
Commentaire n° 18 posté par J. le 14/11/2007 à 20h01
Autant pour moi concernant le site de France Culture (leur site n'est vraiment pas trés clair). Je persiste: Ribes se croit tout puissant en écrasant Slama. Je respecte la sensibilité de Slama même si je ne suis pas d'accord avec lui sur cette histoire de tonte. Mais je préfère le courage de ses opinions à la facilité de Ribes qui programme Garcia sans risque pour public déjà conquis!
Sans vouloir vous offenser, votre vision de la performance est complétement réductrice. Je vous invite à lire cet article (que j'ai trouvé passionnant): http://www2.cfwb.be/lartmeme/no031/pages/page5.htm
Je ne suis pas certain que Garcia soit un performer: juste un artiste radical, un écrivain râté et un magnifique manipulateur.
Commentaire n° 19 posté par le tadorne le 14/11/2007 à 20h24
Bon..on n'est pas d'accord et puis c'est tout... Je trouve que Ribes argumente très bien, les citations qu'il fait sont d'ailleurs très à propos, et sa sortie sur le fait que Slama, comme nous maintenant, fait partie en quelque sorte du travail de Garcia, est une réflexion assez intéressante. Et puis définitivement, je ne comprends pas ce Monsieur Slama, qui est, on le voit dans cette chronique comme dans bien d'autres de lui d'ailleurs, un vieux réactionnaire de droite (et je l'écris sans ironie ou méchanceté).

Concernant la performance: en effet vous avez pu voir dans mes quelques mots une vision "réductrice" de la performance et c'est bien normal, j'en ai parlé sur deux lignes, juste évoqué un aspect. L'article que vous citez est en effet intéressant, et assez proche finalement de ce que je vous disais sur la catharsis (cf le dévellopement qu'il fait sur le rituel).

Enfin, bien sûr Garcia n'est pas un performer, cela tombe sous le sens: il n'est jamais sur scène. Mais son travail, et celui de ses acteurs, est proche de la performance. Ses acteurs peuvent je pense être appelés performers.

Petite note supplémentaire : d'ailleurs, c'est bien typiquement français que de se prendre la tête sur cette notion de performer: les américains par exemple nomment "performer" tout artiste (sur scène) du spectacle vivant (danseurs, comédiens etc: ce sont tous des performers).
Commentaire n° 20 posté par J le 14/11/2007 à 21h59

Est si évident que cela que Rodrigo Garcia est un "auteur radicalement ancré à gauche". Cela parait aller de soit car c'est un metteur en scène branché, mais... Je ne sais pas comment il se définit lui même mais à écouter le texte en oubliant le contexte on ré-entend joués certains thêmes de la detestation du modernisme, des thêmes qui sont plutôt proches d'une droite trés traditionnelle, de tous temps pessismiste, obsédée par la décadence, l'imminence de toutes les catastrophes. Et un certain mepris pour le peuple, qui s'est détourné des vraies valeurs. 
Ou peut-être est ce une simple convergence ?

Commentaire n° 21 posté par guy le 14/11/2007 à 22h52
EN REPONSE A GUY

1. Je ne comprends pas du tout votre phrase (ironique? humoristique? sincère?): "un "auteur radicalement ancré à gauche". Cela parait aller de soit car c'est un metteur en scène branché". Qu'est ce que ça veut dire???

2. Détestation du modernisme, non. Vous ne trouverez pas de ça chez Garcia. Détestation du capitalisme, oui probablement.

3. Vous faites je pense un contre sens total sur ce que fait ce Rodrigo Garcia.

4. En tout cas vous ne pourrez pas nier cette chose assez puissante de son travail: ça donne à penser. Et à partager des opinions...
Commentaire n° 22 posté par J. le 15/11/2007 à 00h15
Jonathan,
Pourriez-vous me donner une seule idée moderne développée dans tous ces commentaires concernant l'oeuvre de Garcia? Une seule...
Il nous fait réflechir? Mais sur quoi? Il clive, radicalise nos propos. Il nous rigifie comme au bon vieux temps de la guerre froide jusqu'à vous rendre complétement intolérant à l'égard de Slama (qui mérite certainement mieux que vos insultes).
Garcia avait promis d'arrêter le théâtre. On attend...
Commentaire n° 23 posté par le tadorne le 15/11/2007 à 06h51
Bonjour Jonathan

En réponse à votre mail:

4/ Je ne crois pas que le fait que nous en soyons au 24° message sur ce sujet aie grand chose à voir avec les qualités propres du travail de R.G. .  La polémique sur la tonte a d'ailleurs commencé quelques jours avant même la première parisienne de Mickey, le buzz a pris sur ce sujet particulier (un non sujet à mon avis), et depuis on en parle d'autant plus car tout le monde en parle, c'est comme ça, et ça va durer encore une petite semaine. 
Je n'ai moi même, malgré mes première résolutions,  pas ni la force ni la sagesse de ne pas intervenir si un commentaire me donne envie de réagir. 
Mais à tout prendre je préférerais échanger à propos de Jesus Sevari, Miyoko Shida ou les Blind Boys.

1/ l n'y avait rien d'ironique dans cette phrase, sauf que le terme "branché" était un peu vulgaire et inapproprié, oublions le si vous le permettez. 
Je faisais le simple constat qu'une grande majorité d'artistes, metteurs en scène, responsable de lieu contemporains s'exprimaient plutôt à gauche. Par exemple,  je n'en ai entendu aucun soutenir Sarkosy , et beaucoup s'inquiéter de son election? Est il nécessaire de faire une revue de presse pour appuyer cette affirmation? Partant de constat, il est hélas tentant de supposer RG "de gauche",  en se dispensant d'expliquer en quoi au juste son oeuvre serait de gauche. C'est alors un peu court
 
3/ Il est trés possible de je fasse des contresens sur ce que fait RG, mais encore faudrait il m'expliquer lesquels.

2/ Et je persiste à dire qu'il y a plus que de la détestation du capitalisme, il y a un pessimisme plus global, une nostalgie forestière, c'est ce que j'ai ressenti en voyant Mickey, car j'ai vu la proposition, il est vrai que j'ai été parfois retif et distrait. 
Quand bien même vous auriez raison,  l'anticapitalisme, avec l'antiaméricanisme est une position partagée par la gauche radicale et la droite extrême. Je parle d'une droite plutôt legitimiste (Cf les travaux de René Rémond; les droites en France). 
J'en reviens ici au seul point qui m'intéréssait et m'avait fait réagir. Je ne crois absolument pas que ne pas apprécier son travail ai quoique ce soit à voir avec son positionnement politique. Que Mr Slama soit ou non un "vieux reactionnaire de droite" ne nous éclaire en rien sur les travaux de RG. Car, je ne dis pas que RG soit d'extrème droite, j'affirme simplement-et j'ai dit brievement plus haut en quoi, qu'il y a dans son travail de quoi satisfaire autant une droite extrème qu'une gauche radicale.


Et, en passant, merci pour le lien vers France Culture.
Commentaire n° 24 posté par GUY le 15/11/2007 à 09h53
Bonjour,
Voilà ça se passe souvent comme ça les débats sur le théâtre, à un moment donné on ne peut plus vraiment communiquer puisque chacun campe sur ses positions. Cela dit, deux ou trois petites notes:

1. Où m'avez vous lu insulter ce M.Slama? J'ai seulement écrit: vieux (ce n'est pas une insulte, il doit avoir presque 65 ans, c' est vieux, c'est comme ça je n'y peux rien) réactionnaire (il n'y a qu'à lire ou écouter ses chroniques pour s'en apercevoir) et de droite (c'est un homme de droite, c'est la vie, il aurait pu être un homme de gauche mais il est un homme de droite, que voulez vous). Alors, où est l'insulte? Qui plus est , avant que vous ne me le fassiez remarquer sachez que je connais le parcours de cet homme, ses écrits, ses postes de professeurs de grandes écoles etc... et être un intellectuel n' a jamais empéché personne d'être, par exemple, un vieux réactionnaire de droite. Un vieil intellectuel réactionnaire de droite.
2. Sur la modernité, l'idée moderne etc... nous ne sommes pas d'accord, nous l'avons vu.

3. Et cher Pascal cette provocation est un peu énervante quand vous écrivez "Garcia avait promis d'arrêter le théâtre. On attend...": vous n'avez même pas vu le spectacle en question ! Qu'est ce que ça peut donc vous faire qu'il continue ou non?

4. Guy...vous écrivez "Je ne crois absolument pas que ne pas apprécier son travail ai quoique ce soit à voir avec son positionnement politique" Premièrement ce n'est pas moi qui ai lancé ce débat gauche-droite par rapport a garcia mais bien votre ami Pascal dans son article. Voyez donc ça avec lui. Et enfin, il me semble, ayant lu je pense tout ce que garcia a pu écrire, qu'il a une pensée de gauche, pas si extrème que ça d'ailleurs, et absolument pas une pensée d'extrème droite ou conservatrice etc. C'est ce que je pense. Malheureusement je n'ai pas le courage et le temps d'écrire ici toute une étude politique du théâtre de ce gars.

5. A bientôt sur un autre spectacle peut être.
Commentaire n° 25 posté par J. le 15/11/2007 à 14h21
Argumenter à partir de l'âge de quelqu'un est une insulte à l'intelligence.
Je préfère entendra Slama s'opposer aux tests ADN que d'écouter  Garcia cracher sur les spectateurs. Car, ce que vous ne savez pas, c'est que Garcia traite son public de "bourgeois" "nantis" et j'en passe (je ne peux malheureusement pas citer ma source).  D'ailleurs, "approche de l'idée de méfiance" présentée en Avignon l'été dernier n'était autre qu'une insulte.
Voir une fois de plus programmer Garcia à Paris commence sérieusement à me fatiguer. Trois "créations" cette année (dont deux à Avignon) alors que le propos n'a strictement rien de révolutionnaire a de quoi agacer et démontre à quel point une pensée unique d'extrême gauche se diffuse parmi les programmateurs.
Vous voyez Jonathan, nous en revenons à la politique...Opposer à Sarkozy, Garcia, prouve une fois de plus l'absence totale de projet de la gauche...
Commentaire n° 26 posté par le tadorne le 15/11/2007 à 18h03
Mais je n'argumente pas à partir de son âge ! Où avez vous lu cela? Je parle de son âge comme une caractéristique du personnage, comme je pourrais dire que j'ai 26 ans ou que vous en avez 45 (je ne sais pas). Je n'argumente pas à partir de son âge, j'argumente juste à partir de son discours.

Slama s'oppose aux tests adn? Fort bien, mais je ne vois pas le rapport avec ce qui nous occupe ici.

Et oui, la plupart des spectateurs sont des bourgeois nantis. Maintenant qu'il est un metteur en scène "reconnu" Garcia aussi est devenu un bourgeois nanti. Vous aussi Pascal vous êtes un bourgeois nanti, vous êtes blanc, occidental, et bourgeois. C'est la vie. Ca ne veut pas dire que vous êtes un gros con.

Qui oppose Garcia à Sarkozy? Pas moi. En l'occurence je vous en ai déjà parlé, contre Sarkozy j'oppose Badiou et son formidable livre "de quoi sarkozy est il le nom".

En tout cas c'est assez drôle de voir comment vous (et votre collègue Guy surtout) semblez effrayés par l'existence supposée d'une mafia culturelle de gauche (je vous cite: "...à quel point une pensée unique d'extrême gauche se diffuse parmi les programmateurs" et surtout je cite guy: "le simple constat qu'une grande majorité d'artistes, metteurs en scène, responsables de lieux contemporains s'exprimaient plutôt à gauche. Par exemple, je n'en ai entendu aucun soutenir Sarkozy , et beaucoup s'inquiéter de son election? Est il nécessaire de faire une revue de presse pour appuyer cette affirmation?": à ce propos,Guy, pourquoi à votre avis est ce ainsi?). Quant à moi je me méfie bien plus de la mafia conservatrice rétrograde de droite que de la mafia qui programme Garcia !
Commentaire n° 27 posté par J. le 16/11/2007 à 00h29
Où avez vous lu que j'étais effrayé par quoi que ce soit ?
Commentaire n° 28 posté par GUY le 16/11/2007 à 09h42
j'ai vu ce spectacle à Paris. Le public rit beaucoup, beaucoup trop. Un rire enfermant, tendu. Le spectacle était dans la salle. La bonne conscience de la gauche continue de ricaner...
Commentaire n° 29 posté par nadia le 21/11/2007 à 08h48

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