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Dimanche 28 octobre 2007 7 28 /10 /2007 10:52

Christophe Garcia est un chorégraphe prometteur. J’aimerais pourtant le qualifier autrement. Je l’avais remarqué en décembre 2005 avec “les songe-creux” où il avait merveilleusement réussi à articuler théâtre et danse. Ses quelques maladresses de l’époque donnaient à l’ensemble une dynamique joyeuse. Deux années plus tard, entouré de ses jolis parrains (La compagnie Kélémenis, le Ballet National de Marseille et celui de Biarritz), il nous présente “Erritu", ensemble comprenant "l’Heure du bain" et "Le Sacre du Printemps”. Le tout est imprégné de différents rituels (d’un côté le recueillement, la purification; de l’autre le sacrifice) que Christophe Garcia perçoit comme complémentaires. Notre artiste franco-québécois aurait pu en rester là, mais il va plus loin en nous proposant dès le début de la soirée un rituel de notre temps: en votant par SMS, il s'agit de choisir parmi les trois danseuses celle qui sera sacrifiée dans le sacre!
20-1306070330-730.jpg Ce mélange de rituels finit par produire une confusion qui ne sert aucune des deux œuvres. Peut-on tout mettre au même niveau? Un “rituel païen” avec “Le sacre” qui nous plonge dans “les sources primitives de l’humanité”, une pratique culturelle (le bain) et enfin une technique inventée par les publicitaires pour créer la démocratie du marketing. Cet enchevêtrement distrait le regard du spectateur, l’oblige à niveller vers le plus petit dénominateur commun (exclure une danseuse) mais surtout fait entrer le marketing dans un théâtre, seul lieu où nous pourrions en être protégé. Pour réussir à m’extraire de ce dispositif, deux visions me sont venues comme un calque posé sur la scène. À voir ce trio de femmes se chercher, s’isoler, se relier à l’heure du bain, je ne peux m’empêcher de repenser aux “Aphorismes géométriques” de Michel Kélémenis. À observer ce “sacre” maladroit et lourd, je m’imagine celui dansé par les Ballets Preljocaj. C’est ainsi que ma culture, mon histoire de spectateur, a pris le pas sur le rituel du marketing.
Dès lors, comment prendre au sérieux ces deux propositions? Comment donner à Christophe Garcia le statut qu’il mériterait, plutôt que de le réduire à un chorégraphe plein d’avenir?
Je veux bien encore attendre son émancipation. Son printemps sera le nôtre.


Pascal Bély
www.festivalier.net

♥♥♥♥♥♥ Erritu, l’Heure du bain - Le Sacre du Printemps” de Christophe Garcia a été joué le 25 octobre 2007 au Théâtre de l'Odéon de Marseille.


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