Partager l'article ! Au Festival Actoral, l’acte anal d’Yves-Noël Genod.: Deux festivals (Dansem, Actoral), une association (Marseille Objectif Danse), un lieu r ...
Il marche, avec sa valise et s’arrête pour se déshabiller et se transformer en femme blonde péruquée genre Marylin en cagole. Elle va
arpenter la scène en chantant tel un haute-contre, des mélodies pop des vingt dernières années. Un vieil homme arrive, planche de surf à la main. Il tente quelques postures, mais derrière la
bâche, une infirmière le ramène. Entre folie, travestissement et réalité, Genot crée un nouvel espace, aux contours incertains, mais propices pour nous immerger dans cette communauté humaine dont
nous faisons partie. Un danseur quitte les gradins, monte sur scène et enlève-lui aussi ses vêtements. Nu, il se plaque au sol, puis contre la bâche. Le contre-jour sculpte son corps entre
blancheur et noirceur. Sublime transformation où le corps restitue nos paradoxes. Un troisième homme avance, à la démarche lourde. Il se déshabille pour traîner avec lui une chaîne et une
bassine. Métaphore de l’esclavage moderne, il urine et défèque: le corps déborde, comme un trop-plein. Remous dans les gradins, Genod vient de franchir la limite, hors de la bâche transparente,
hors de tout. Au-delà du corps. L’homme vocifère ses insultes racistes, homophobes, machistes clamées dans le hall de la friche et qui finissent pas résonner au dehors. D’autres personnages
élargissent le groupe, des extraits de chansons populaires envahissent peu à peu l’espace comme un juke-box en roue libre, mais chacun est seul, en perte de valeurs, replié dans son environnement
qui le propulse vers le bas. La France est là: raciste, dépressive, rongée par la rhétorique médiatique (délicieux passage où la blonde présente la météo et interview ensuite Hubert Colas,
metteur en scène marseillais). Une femme descend bien des gradins pour oser une belle figure chorégraphique, mais rien n’y fait: entre chien et loup, la lumière du jour s’affaiblit et la petite
lampe posée sur la table illumine ces comédiens fabuleux, mais leur corps ne parlent plus, vidés de sens.
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Consulter la rubrique danse Actoral sur le Tadorne: A ACTORAL , les mots cognent. Au Festival ActOral, “Mon képi blanc”, le beau monologue du pénis d'Hubert Colas. Au Festival Actoral, Martine Pisani liquéfie les mots. |
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